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Panthéon amazigh

Dieux, déesses, héros et héroïnes et êtres fabuleux

Les hommes de toutes les civilisations ont créé des êtres imaginaires. Les créatures fabuleuses sont des personnages qui ont trait aux légendes, au merveilleux, aux récits élaborés par l’imagination. Leur existence n’a pas été prouvée de manière scientifique. Qu’elles prennent une apparence proche de celle des personnages réels (les fées dans des corps de femmes, les elfes, les lutins, les trolls, les sirènes, les dieux et les déesses de la mythologie, les ogres et les ogresses, etc.) ou très éloignée (les dragons, les monstres à plusieurs têtes, etc.), les créatures imaginaires permettent souvent d’expliquer l’inexplicable. 

Issues de l’imagination de l’homme, les créatures fabuleuses et les divinités sont présentes dans les différentes formes de l’art de toutes les époques et de tous les pays. On les retrouve dans la littérature, des textes sacrés ou mythologiques à la littérature contemporaine (J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux) en passant par les récits du Moyen Âge ou les Contes des frères Grimm, l’architecture (le Grand Sphinx de Gizeh), la peinture (les œuvres de Jérôme Bosch, à la fin du XVe siècle), la musique (L’Apprenti sorcier de Paul Dukas au XIXe siècle), la danse (Le Lac des cygnes de Marius Petipa et Léon Ivanov) ou encore le cinéma.


Comme dans toutes les mythologies, les amazighes anciens avaient leurs héros, leurs dieux et leurs demi-dieux qu’ils vénéraient. Ils représentent le brassage d’un long processus d’interpénétrations diverses ce qui donne l’image d’un panthéon riche, varié et complexe avec des dieux, déesses, des héros et héroïnes, et des êtres fabuleux comme les ogres et les ogresses.  

Les amazighes ont incorporé à leur panthéon des déités venant d’autres cultures et dans beaucoup d’autres, ils ont influencé d’autres civilisations à travers le monde antique de la même manière que beaucoup d’autres civilisations à travers le monde. Les mythes et la religion amazighe ont particulièrement influencé les croyances des anciens égyptiens les Grecques et les carthaginois :  

  • Egypte ancienne : certains dieux que l’on dit être égyptiens sont en réalité d’origine amazighe, parmi l’un des plus anciens dieux du panthéon égyptien nous avons Amon. Aussi le Dieu Ash (Horus), Antinea (Neit) 
  • Grèce ancienne : les imazighens ont fait connaître aux Grecques Poséidon, Ante, Atlas et Athéna.  
  • Carthage : les mythes phéniciens se sont mélangés avec les mythes des imazighens et ont fusionné en un seul : Tanit et baal -Amon  
  • Rome : Saturne, Ifru (De Africa)

En plus des déités partagées avec les différents peuples de la méditerranée, il y a des dieux qui n’appartiennent qu’au Imazighens : DII Mauri, Bacax, Gurzl et Anzar 

A côté des déités, il y a des êtres fabuleux, mi dieux : Teryel, Iwaghzniwen 

A côtés des personnages mythiques et imaginaires, il y a eu tout au long de l’histoire amazighe une vénération pour les profanes. Du culte des ancêtres, en passant par le culte des martyrs et des saints chrétiens, et de l’islam, les amazighes accordent toujours une place importante aux personnes sacralisées. Il s’agit d’hommes et de femmes avec une force spirituelle surprenante, d’une foi inébranlable, qui jouent ou peut jouer le rôle d’intercesseur entre le Dieu et l’humain. 

Zoom sur ces personnages extraordinaires :

Dieux et déesse

Le Dieu AMMON

Le Dieu Ammon est l’une des principales divinités du panthéon Amazigh. le Dieu des dieux de l’antiquité et dieu de toute chose. D’origine nord-africaine avant de se répandre dans le reste du monde antique, dans tout le bassin méditerranéen, sous des noms différents : Ammon-Ra l’égyptien, le Ba‛al H’Ammon le punique, le Ammon-Zeus grec et le Jupiter Romain. 

Son nom vient du mot amaziɣ Aman qui paraît avoir signifié « Seigneur » ; en touareg aoulimmiden, Amanai a le sens de « Dieu », peut avoir aussi le sens de « l’unificateur ». Amen, « le Caché » ou « l’inconnaissable », traduit l’impossibilité de connaître sa « vraie » forme, car il se révèle sous de nombreux aspects. Il est Imen achâ renou, « Ammon aux noms multiples ».  

Ce dieu est par excellence le Dieu suprême des amaziɣes qui l’adoraient sous sa forme animale avant de prendre des formes différentes chez les autres peuples.  

  • Egyptiens. Au début, on pensait que l’Egypte, mère des civilisations, avait essaimé ses dieux à travers l’Afrique. Les béliers à sphéroïde des gravures rupestres de l’Atlas avaient été assimilés au dieu de Thèbes ; R. Basset retrouvait chez les Guanches (peuple des Canaries) le nom d’Aman signifiant Seigneur et appliqué au Soleil. Amon, dieu-bélier, devenu dieu solaire par sa fusion avec Râ pour donner “Ammon-Ra”, aurait ainsi établi de proche en proche sa domination sur les panthéons inorganisés des Imaziɣens du Nord de l’Afrique, des îles Canaries jusqu’à l’oasis de Siouah.   
  • Les Puniques. La faveur dont jouissait Ammon auprès des Libyens expliquerait, dans le territoire punique, la suprématie de Baal-Ammon, qui s’identifierait totalement au dieu oraculaire de Siouah. Sans aller aussi loin, M. Le Glay estime également que Baal Hammon « punico-berbère » emprunte au dieu libyco-égyptien ses cornes de bélier et une partie de sa personnalité en devenant un dieu solaire.  
  • Les Grecs. Par l’intermédiaire des Grecs de Cyrénaïque le nom, la réputation, l’effigie d’Ammon a complètement été humanisée sous l’influence hellénique, en gagnant le monde méditerranéen. Cette effigie cornigère eut un succès remarquable dans le monde hellénistique, surtout à la suite de la visite d’Alexandre à l’oasis de Siouah. Dans son voyage en Libye, Alexandre Le Grand va visiter en pèlerinage le temple d’Ammon et c’est là-bas qu’il reçoit le titre de « fils d’Ammon » et de maître du monde. En effet, à la suite de ce périple religieux, il conquerra l’orient et l’occident. Sur les pièces de monnaie on retrouvera le profil d’Alexandre Le Grand avec des cornes de bélier symbolisant sa filiation suprême à Ammon. Ammon, bientôt appelé Zeus-Ammon, est représenté sous les traits d’un personnage barbu, débonnaire, ne conservant du bélier que les cornes plus ou moins perdues dans la chevelure bouclée.  

Romaines. Avec les Grecques, Ammon deviendra le symbole de la divinité suprême et sera imposé partout comme l’unité religieuse dans le monde hellénique, avant que les Romain l’importent en lui changeant de nom vers Jupiter.

Dieu ASH

Ach est une divinité amaziɣe, et une divinité égyptienne d’origine amaziɣ, dieu du désert libyen du Sahara. L’un des Dieux le plus ancien du panthéon égyptien. Au départ nommé Ash, il fut par la suite appelé Sha. Connu en tant que « seigneur de la Libye », il est représenté sous forme humaine, parfois avec une tête de faucon comme le Dieu horus des égyptiens, ou encore, en de rares occasions, avec la tête du dieu Seth, avec qui il est identifié en sa qualité de Dieu du désert. 

Il a été en particulier associé aux oasis fertiles du désert dont le produit était estimé en Égypte antique. Il était le protecteur des routes où passaient les caravanes. En sa qualité de dieu du désert, il a été identifié avec le dieu Seth à l’époque dynastique, peut-être même durant l’époque archaïque, car depuis lors, il est appelé celui d’Ombos, empruntant à Seth son aspect iconographique et lui étant complètement fusionné. Ash, durant les premiers temps de l’histoire pharaonique, ne possédait pas de connotations négatives, personnalité qu’il adoptera en étant identifié avec Seth et en pénétrant dans le mythe osirien.

Dans la mythologie égyptienne, on le trouve au chapitre XCV du Livre des morts des Anciens Égyptiens. Un bas relief de Sahouré, daté de 3000 av J.C, mentionne qu’un Dieu libyen portait ce nom. Au IIIe millénaire, un dieu portant ce nom existait dans le Fezzan libyen. Les figures rupestres du Sahara désignaient des êtres humains à têtes d’animaux et ce bien des siècles avant l’apparition des dieux égyptiens entre autres « BES » et « ANUBIS ». Ces figures ont ensuite été empruntées aux amaziɣs.

Antinea

Antinea est une déesse du millénaire avant Jésus-Christ. ANTINEA » surnommée « NEITH » par les Egyptiens. Celle-ci, une déesse, est une guerrière portant un bâton sur lequel sont croisées deux flèches. On sacrifiait un bélier comme le font les amazighes. C’est sous la forme d’un bélier à la tête ornée d’un sphéroïde. Par ailleurs, le culte de « NEITH »qui remonte au IVe millénaire av. J.-C. en Egypte a connu un essor particulier au VIIe siècle av. J.-C. A cette époque, une dynastie berbère régnait en Egypte.

Dieu Poséidon

A une époque très ancienne, un royaume berbère existait appelé « tritonide », qualificatif qui rappelle curieusement « Triton », un divinité africaine que les grecs identifiaient à « Poséidon »le dieu de la mer décrit sous la forme d’un homme à queue de poisson avec pour attribut une conque au son retentissant.

Dans la mythologie grecque, Poséidon était le dieu de la mer, de la navigation, des tempêtes, mais également des tremblements de terre. Il était le fils de Cronos et de Rhéa. Les amazighes l’ont fait connaître pour les Grecs. Selon les croyances amazighes, il était armé d’un trident, était sur un char traîné par des animaux monstrueux au tronc de cheval et au corps de poisson. Il avait à sa disposition des animaux marins qu’il commandait et qui le suivait à chacun de ses déplacements. Il avait cette force de déchaîner des tempêtes avec son trident il était capable de découper un grand rocher et de faire jaillir l’eau de la terre. Il régnait sur l’île d’Atlantide appelé du nom de son fils Atlas. Poseidon  idolâtrée par les Grecs était depuis la nuit des temps honorée par les berbères

Dieu Anté

Antée (en grec ancien : Ἀνταῖος / Antaîos, en amazigh : ⴰⵏⵜⵉ « Anti ») est un personnage légendaire des mythologies grecque et amazigh. Antée était le fils titanesque de Gaïa et Poséidon, il vivait en Libye dont il était roi. Sa femme était la déesse Tingis, pour qui le nom de la ville de Tanger au Maroc a été attribué. Il est célèbre pour avoir combattu Héraclès lors de ses Douze Travaux.

Antée défiait tous les voyageurs et passants à la lutte ; il était invincible tant qu’il restait en contact avec sa mère la terre. Il sortait toujours vainqueur de ses combats et tuait ses adversaires, il utilisait ensuite leurs dépouilles pour couvrir le toit du temple de son père en le décorant de leurs crânes. Il fut vaincu par Héraclès, alors que celui-ci était à la recherche des pommes d’or du jardin des Hespérides. Héraclès s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas battre Antée en le projetant ou en le clouant au sol. Au lieu de cela, le héros le souleva de terre puis l’étouffa à mort. Il fût le seul à réussir à battre Antée. Le combat entre Antée et Héraclès fut un sujet favori dans la sculpture antique et de la Renaissance.

Antée se trouve dans les terres intérieures de la Libye. Il a probablement été incorporé dans la mythologie grecque après la conquête grecque de la cyrénaïque au milieu du septième siècle. 

L’emplacement d’Antée quelque part dans le monde berbère pourrait être assez compréhensible et adapté: Son palais était situé à Lixus (parfois nommée par les Anciens Linx ou Lynx) et on lui doit la fondation de Tingi. D’après les Libyens  c’est à Tingi que serait enterré Antée. Selon Pline et Plutarque, son tombeau mesurait soixante coudées de long (environ 27 mètres). Plutarque rapporte une anecdote selon laquelle le général romain Quintus Sertorius, doutant de la plausibilité de la légende, profita d’une expédition menée à Tingi pour faire ouvrir son tombeau. Il y aurait trouvé un corps mesurant effectivement soixante coudées de haut et, très étonné, fit immoler des victimes en respect pour le défunt et referma religieusement le tombeau. On assimile aujourd’hui ce tombeau au Cromlech de M’zora.

Dieu ATLAS

Le majestueux massif montagneux de l’Atlas s’étale sur toute l’Afrique du Nord. Sa configuration a passionné aussi bien les Amazighs que les Grecques de l’Antiquité. Les deux parties partagent ainsi une part de mythologie, un pan de l’histoire. Le mont Atlas, « la colonne du ciel » comme le nommaient déjà les gens du pays au temps d’Hérodote, dut être l’objet de leur vénération. C’est ce qu’observe déjà Pline l’Ancien.    

L’appellation même d’Atlas a pris la forme grecque, elle serait d’origine amazighe : une dérivation du mot assalas (porter) et/ou adrar (montagne). Cette chaîne montagneuse s’étend sur 2 500 kilomètres de long, selon un axe ouest-sud-ouest à est-nord-est, du cap Ghir sur l’Atlantique au Maroc, au cap Bon en Tunisie en passant par le Nord de l’Algérie. Il forme une barrière entre la mer Méditerranée et le début du Sahara. Son point le plus culminant se trouve au Maroc : djebel Toubkal à 4167 mètres d’altitude. Puis, il y a celui des monts Aurès à 2 328 mètres au djebel Chélia en Algérie, celui de la dorsale tunisienne à 1 544 mètres au djebel Chambi en Tunisie. De par cette grandeur, ce massif montagneux a certainement alimenté l’imaginaire des autochtones, les Imaziɣenes, mais aussi celui de plusieurs conquérants comme les Grecques durant l’antiquité. Il est le lieu de naissance de légendes, de mythes et de croyances religieuses. L’Afrique du Nord représente un véritable pont entre les deux rives de la méditerranée. Les influences culturelles et les interactions y sont inévitables.    

Atlas, fils de Japet et de l’Océanide Clymène, il appartient à la race des dieux antérieurs aux Olympiens grecs. Ayant participé à la guerre des dieux, il sera condamné par Zeus, dieu du ciel et du tonnerre, à soutenir les colonnes sur lesquelles repose le ciel, Atlas est condamné à porter la voûte céleste sur ses épaules à jamais.
Les anciennes populations amaziɣes donnaient une image du dieu “Atlas”. Elles disaient que celui-ci était étroit et rond de tous les côtés. Il était si haut qu’il était impossible de voir les sommets (tête et épaules) car les nuages ne s’en écartaient jamais, ni en hiver, ni même en été. 

Athena

Une autre déesse que l’on pourrait croire grec est Athéna déesse libyenne de Tritoni. Il existait autrefois un Royaume amazigh appelé Tritonide en référence au Dieu Triton, divinité africaine que les Grecs ont intégré à leur panthéon.  

Nous savons également que le Triton est un animal batracien proche de la Salamandre et qu’il aurait vécu en Berbérie aux abords des fleuves dont l’un porte de nos jours son nom. Ce dernier prenant sa source des monts du tassili (peuplé aujourd’hui de berbères touaregs algériens) a disparu avec l’assèchement du sahara, mais il reste toutefois des oueds dont le « Igharghar » qui longe les villes de Ouargla et de Tougourt pour finir sa course dans des chotts (Merouane et Melhir par exemple).

Les villes du royaume des Tritonides ont été ensevelies par des dunes de sable dans le grand erg occidental au sud-ouest algérien, et abritaient une grande civilisation qui dépassait celle de l’Égypte antique. De plus ce royaume était gouverné par des femmes qui pratiquaient le matriarcat mais qui n’était toutefois pas une forme d’opposition à l’homme contrairement à celui des Amazones, car les Tritonniennes ne sacrifiaient pas leurs garçons mais au contraire les protégeaient, d’autant qu’elles n’exprimaient guère un idéal viril basé sur la cruauté.

La civilisation des Tritonides a été anéanti justement par les Amazones qui ne pouvaient pas s’acclimater d’un matriarcat rival par une forte armée estimée à 70000, Myrica, la reine des Amazones, envahira le royaume des Tritonides et l’anéantira. Tous les hommes seront exécutés, les femmes et les enfants seront soumis à un humiliant esclavagisme. La reine berbère ainsi vaincue, Athena Trironide, aurait vécu quant à elle près du lac « Triton ». d’essence civilisatrice et les habitants de cette contrée la nommaient « Nit ».

Athéna avait d’autre part colonisé le royaume hellénique, brûlant sa capitale même. Cette dernière sera reconstruite par les amazighes tritonnides qui lui donneront le nom de la reine « Athènes ».

Née en Afrique du nord, cette souveraine se verra préparer par ses sujets une égide qui était une cuirasse qu’elle revêtait et qui deviendra par la suite son attribut principal. Ce nom « égide »a donné naissance au terme berbère « Ighid »qui signifie « chevreau », un terme que les berbères (kabyles, chaoui, chleuh…) utilisent encore pour désigner cet animal, qui fournissait la matière dans laquelle était taillée l’égide.

Le culte d’Athéna était prépondérant dans la petite Syrte située au nord de la Libye habitée par des berbères. En effet, deux tribus locales célébraient tous les ans au bord du lac Triton un rite de litholobie (combat de pierres). Athéna symbolisait la guerre, les armes, la raison, ainsi que l’esprit qui temporise la force brutale.

Ayant présidé les arts et les lettres, Athéna introduira l’olivier et la fabrication de l’huile non seulement en Afrique du Nord mais dans le bassin méditerranéen oriental. L’histoire lui doit également l’invention du char à deux roues Athéna connue sous le nom de « Tin Hinan »est aujourd’hui enterrée à abalessa en compagnie de sa servante « Takamats ». Sa tombe continue de recevoir des pèlerins touaregs qui lui vouent un culte sans précédent.

Tanit

La civilisation de Carthage va s’étendre sur toute la Méditerranée et conquérir le nord de l’Afrique de ce fait les mythes carthaginois qui sont des phéniciens vont se mélanger progressivement avec les mythes amazighs, voire fusionnés en un seul.

Nous retrouvons ainsi Tanite une déesse mystérieuse probablement d’origine phénicienne, c’est le féminin sacré des carthaginois que l’on peut rapprocher d’isis, d’ishtar.   

Déesse amazighe de la fécondité, protectrice de tous les héros. Son attribut principal et le “delta” symbolisant l’utérus de la femme enceinte. Déesse de la magie et de la protection notamment contre le mauvais œil des superstitieux, ce qui lui donne aujourd’hui la forme d’une main : la main de Fatma de l’islam. Le simple fait de graver ce symbole appelait la protection de la déesse et de ce fait repousser les dangers. Tanit tient également un bâton en forme de caducée qui canalise sa magie. 

Le culte de Tanit prit de l’ampleur dans la Carthage romaine (ancienne cité punique) en Tunisie où elle était surnommée Yemma (« mère »). Elle était la parèdre du dieu Ba’al Hammon (ou Ammûn). Son nom se retrouve avec des variantes : Tinnit, Tinêt, Tannou, Tangou. Le nom exact retrouvé de Tanit est Tinnit. Le nom de la déesse est suivi de péné Baal (littéralement « face de Baal ») à partir de 400 av. J.-C. environ, ainsi que Tinit ou Tinêt.

Tanit est l’équivalent carthaginois de la déesse lunaire Astarté (Ishtar) ; ainsi, des spécialistes parlent de « Tanit-Astarté ». La déesse Tanit a été aussi interprétée par les Romains comme une forme particulière de Junon, Iuno Caelestis vite devenu Caelestis.

Selon certaines sources, Didon (Elisha), princesse phénicienne, reine de Carthage serait aussi un avatar de Tinnit : de nombreux noms figurant dans la légende grecque de Didon sont d’origine phénicienne, donc probablement repris des récits phéniciens. Selon Marie-Pierre Noël, « Elishat/Elisha ou Alashiyya est un nom attesté à maintes reprises sur des ex-voto puniques ». Il est composé de El qui signifie « dieu » en phénicien, et -issa qui pourrait signifier « feu » ou « femme ».

En Egypte, le nom de Tanit signifie « Terre de Neith » – Neith étant une déesse de la guerre

Saturne

Omniprésent en Numidie et Mauritanie, Saturne l’africain est là dénomination que finit par prendre à l’époque romaine le grand Dieu des carthaginois Baal Hamon. Non sans glissement et modifications. Avec la romanisation de l’Afrique du Nord, ce dieu d’origine sémitique est capté par la divinité romaine Saturne (syncrétisme d’association) avant de disparaître avec le triomphe du christianisme. Dieu cosmique, il occupe une place première dans le panthéon berbéro-punique, possède son sacerdoce, ses sanctuaires (tophet), ses représentations et ses attributs attitrés. Il avait pour parèdre Tanit. 

Son culte était particulièrement exigeant et demandait une totale confiance de la part de ses fidèles. Dieu de la fécondité et des récoltes, il semble avoir, par sa spécificité, constitué un élément de permanence dans le monde berbère et, par son caractère central (hénothéisme), ouvert la voie au monothéisme en Afrique romaine. 

Le culte jouit d’une grande popularité jusqu’au IV siècle. Dans ce culte, les influences venues d’Orient restaient essentielles. Il est perçu par les Carthaginois comme le dieu suprême et universel. L’essentiel de la doctrine du sacrifice en usage dans le culte de Saturne africain est hérité directement de Carthage. Ainsi, les sacrifices sont des actes individuels dans cette religion qui procède avant tout du sentiment religieux individuel. 

Les Carthaginois auraient offert au dieu des sacrifices humains. Rome, depuis Tibère, avait interdit les sacrifices publics d’enfants, mais avait toléré ceux-ci dans le cadre du culte privé, parce qu’ils étaient le rite le plus caractéristique du Ba’al Hammon carthaginois, ce dieu étant avant tout le résultat d’un syncrétisme entre le dieu phénicien et son interprétation africaine. Néanmoins, la question des sacrifices humains à Carthage est loin d’être résolue, du fait de la faiblesse des indices archéologiques et de la nature partisane des sources littéraires. 

A l’origine, le Dieu ne se mêle pas aux hommes; il agit notamment par l’intermédiaire de sa padère Tanite puis il fit duo certes une place imminente au panthéon gréco-romain ainsi qu’on le voit sur les stèles defra à Constantine. Et fréquemment accompagnés de castor et pollux fils de Zeus et de léda perdu et souvent figuré avec un voile sur la tête, parfois entre le soleil et la lune comme à lombez où timgad. Ces attributs sont des symboles de la harpe. Vu comme le Dieu tout-puissant Dominus le seigneur avec sa barbe énorme il retire des sacrifices, tout comme l’exigeait bâillement éternité Tanith que Saturne finit par perdre comme parèdre. Des sacrifices humains, on est passé à des sacrifices d’animaux : une petite stèle représente le Dieu au-dessus du mouton promis au sacrifice dont la masse équivaut à peine à celle de la chevelure et de la barbe du Dieu. L’inscription se veut votive explique le sacrifice de substitution accompli. Rien là que ne soit connu du familier, de la Bible ou du Coran.

Baal Amon

Ba’al Hammon ou Baal Hammon, parfois surnommé le « Saturne africain », est la divinité centrale de la religion carthaginoise à qui est offert le sacrifice du molk. Avec la romanisation de l’Afrique du Nord, ce dieu d’origine sémitique est capté par la divinité romaine Saturne (syncrétisme d’association) avant de disparaître avec le triomphe du christianisme.

Dieu cosmique, il occupe une place première dans le panthéon amazigho-punique, possède son sacerdoce, ses sanctuaires (tophet), ses représentations et ses attributs attitrés. Il avait pour parèdre Tanit. Son culte était particulièrement exigeant et demandait une totale confiance de la part de ses fidèles.

Dieu de la fécondité et des récoltes, il semble avoir, par sa spécificité, constitué un élément de permanence dans le monde berbère et, par son caractère central (hénothéisme), ouvert la voie au monothéisme en Afrique romaine.

Le culte jouit d’une grande popularité jusqu’au ive siècle. Dans ce culte, les influences venues d’Orient restaient essentielles. Il est perçu par les Carthaginois comme le dieu suprême et universel.

L’essentiel de la doctrine du sacrifice en usage dans le culte de Saturne africain est hérité directement de Carthage. Ainsi, les sacrifices sont des actes individuels dans cette religion qui procède avant tout du sentiment religieux individuel. Les Carthaginois auraient offert au dieu des sacrifices humains. Rome, depuis Tibère, avait interdit les sacrifices publics d’enfants, mais avait toléré ceux-ci dans le cadre du culte privé, parce qu’ils étaient le rite le plus caractéristique du Ba’al Hammon carthaginois, ce dieu étant avant tout le résultat d’un syncrétisme entre le dieu phénicien et son interprétation africaine. Néanmoins, la question des sacrifices humains à Carthage est loin d’être résolue, du fait de la faiblesse des indices archéologiques et de la nature partisane des sources littéraires.

Le culte de Saturne Africain reste avant tout selon Marcel Le Glay l’expression d’« un monothéisme dominateur et fataliste »

Le Déesse IFRI

Afrique dérive d’ « Ifru », lui-même dérive d’ « Ifri », le pluriel est Ifren. La traduction ou l’emprunt latin nous donne Africa (Afrique). Ifru a été une déesse amaziɣ avant la conquête des Romains.   

Ifru était une déesse libyque de la guerre, très influente en Afrique du Nord, a pris le nom plus-tard de la Dea Africa, la déesse d’Afrique – ou la Genuis Terrae Africa génie de la terre  Afrique – à laquelle fut parfois assigné l’ancienne déesse punique tanit, laquelle perdit sa popularité à l’époque romaine.  

Ifru est généralement figurée coiffée d’une dépouille d’éléphant – animal symbole du pouvoir des rois maures et numides- Le visage encadré de larges oreilles, le front surmonté de trompes et de défense ; la main gauche maintient une corne d’abondance. On trouve son effigie, à l’origine dans les monnaies des Massyles de l’ouest (Numidie occidentale) puis des rois numides au début du premier siècle avant Jésus-Christ.  

Plusieurs témoignages (inscriptions, rondes-bosses, statuts) indiquent qu’”Ifru” fut bien une divinité spécifique de l’Afrique du Nord. Elle fut révérée en des lieux aussi éloignés que Caesarea (Cherchel), Rapidum (Sour Djouaab), Timgad, ou Lambèse. On lui rendait un culte public. La grotte non loin de Constantine à Guechguech et la pièce de monnaie romaine indiquent le mythe de la protection. Ifru était une déesse solaire et en même titre un dieu des cavernes et protecteur du foyer. Ifru symbolise les rites dans les cavernes pour protéger les commerçants, Pline l’Ancien fait savoir qu’en Afrique du Nord aucune décision n’est prise sans invoquer la déesse « Ifri ». Elle était aussi une divinité domestique, sans doute abritée dans une niche dans les maisons, et invoquée à tout propos avant d’entreprendre quelque chose, ainsi que l’atteste une statuette de bronze provenant de Lambèse au musée d’Alger. Protectrice, elle était aussi la mère nourricière (alma mater) ainsi que l’indiquent sa corne abondance et ses beaux seins. Dans la sculpture d’époque romaine (tête de Cherchel, tête de Lambèse…) elle personnifie l’Afrique. 

Ifri va devenir « Dea Africa » avec le contact des romains, qui signifie « déesse Africa » et représente un symbole à l’époque romaine.

Dii Muri

Les Dii Mauri (Dieux maures) sont un groupe de divinités berbères appartenant au panthéon numide et maure ayant perduré longtemps durant l’Empire romain et lors de la christianisation de l’Afrique romaine. Parmi les divinités secondaires, nombreuses sont celles qui gardaient leurs noms africains et se confusaient à toute assimilation à un Dieu du panthéon Gréco latin. Elles constituaient de véritables panthéons, peut-être d’importance régionale. 

La dénomination générique de Dii Mauri est le fait de magistrats romains ayant regroupé un certain nombre de divinités honorées par les populations locales. Les Romains souhaitent alors se concilier ces divinités locales, qui n’avaient pas été intégrées dans le panthéon romain et n’avaient pas bénéficié de la procédure de l’Évocation, évocation collective permettant d’attirer l’attention de divinités multiples et de ne pas en oublier.

Gabriel Camps identifie les Dii Mauri aux divinités locales qui sont au nombre de cinquante. Il évoque une « foule des dieux locaux » en liaison avec la nature. Les Dii Mauri auraient été des divinités secondaires non intégrées au panthéon comme le furent Ba’al Hammon à Saturne ou Tanit à Junon Cælestis.

Une raison de cette dénomination générique peut aussi résider dans les problèmes de transcriptions en latin de noms de divinités berbères. Le qualificatif de « Maure » serait lié selon Gabriel Camps à une volonté de qualifier des Africains non romanisés.

Bacax

Bacax est une divinité amazighe de la grotte du Mont Taya, à une trentaine de kilomètres de Thibilis, à Guelma (Algérie), c’est la seule divinité de grotte qui soit connue. Des cérémonies et des sacrifices offerts par les magistrats de Thibilis y avaient lieu entre mars et mai, pour lesquelles des inscriptions sur les parois de la grotte datées de 210 à 284 ap. J.-C. ont été conservées.

Le dieu Bacax, dont on a retrouvé et exploré la grotte, près d’Announa (Thibilis). Dans cette caverne, « les salles ne sont pas disposées sur un même plan horizontal, ni reliées simplement par d’étroits couloirs ; elles sont souvent superposées et communiquent entre elles par des escaliers naturels, quelquefois même par de véritables puits. Entre le couloir d’entrée et le fond de la caverne, la différence de niveau ne doit pas être moindre de trois ou quatre cents mètres». Le nom du dieu Bacax, mentionné dans un certain nombre d’inscriptions latines, a résisté jusqu’ici à toutes les tentatives d’interprétation. C’était devant l’entrée de la grotte qu’on offrait les sacrifices. Peut-être est-ce à un culte de ce genre qu’il faut attribuer les très nombreuses inscriptions libyques qui se trouvent dans l’excavation d’Ifri n dellal.

Grurzil

Gurzil, Gourzil ou Agurzil  est le dieu du tonnerre, le dieu de la guerre chez les imaziɣens (principalement les laguatan, les chaouis actuels). Il est représenté sous la forme d’un homme à la musculature généreuse, d’un guerrier surmonté d’une tête d’un taureau. Il est souvent identifié comme étant le fils d’Amon. Il est né de l’accouplement du dieu Ammon et d’une vache. Afin d’invoquer leur dieu Gurzil, les guerriers amaziɣes ont pour habitude de lâcher, sur le champ de bataille, un taureau enragé sur l’ennemi afin de les guider vers la victoire.  

Il est utilisé sur différentes batailles, à savoir celle contre l’Empire byzantin mais aussi contre l’invasion musulmane. Au VI e siècle, le poète byzantin Corippe mentionne que “Ierna” – le chef de la tribu des Laguatans – utilise Gurzil lors de ses batailles contre les Byzantins. Ierna est aussi grand prêtre de « Gurzil, fils d’Ammon ». Les deux armées essayèrent de s’impressionner par des cris et des invocations, les Maures d’Antalas invoquaient le dieu Gurzil tandis que du côté romain une prière fut criée : « Que le Christ, au grand courage, combatte pour tes armes, Justinien, avec sa puissance. Père très bon, protège le pouvoir de notre empereur. », à la suite de quoi, javelots et flèches furent lancées et les deux camps reçurent presque autant de blessures. Après sa défaite finale en 547, Lerna s’enfuit avec « l’image sacrée » de Gurzil, mais est capturé et tué par les forces byzantines, et « l’image » est détruite. 

De plus, un temple est construit en son honneur par les nomades amaziɣes dans la ville de Ghirza, en Libye.

Anzar

Le dieu amazigh Anzar, l’une des figures puissantes vénérées par la société amaziɣe. C’est le nom masculin de la pluie, mais celle-ci est personnalisée. Anzar est le dieu du ciel, des eaux, des rivières, des mers, des ruisseaux, des sources et de la pluie ; on le retrouve sous le nom de «Aglid n Ugfur», ce qui signifie « le roi de la pluie ». 

Anzar est un signe de fertilité et un facteur important de fécondité et de productivité, il apparaît comme l’élément bienfaisant qui renforce la végétation, donne les récoltes et assure le croît du troupeau. La pluie, elle-même assimilée à la semence, entre donc dans les pratiques de magie sympathique. Pour obtenir la pluie longue à venir, il faut solliciter Anẓar et tout faire pour provoquer son action fécondante. Tout naturellement et sans doute depuis un temps très ancien, les amazighs ont pensé que la plus efficace des sollicitations était d’offrir à Anẓar une « fiancée » qui, en provoquant le désir sexuel, créerait les conditions favorables à l’écoulement de l’eau fécondante (voir le rite de Tislit d’Anzar). 

Êtres fabuleux

Teryel

Teryel, ou l’ogresse, est un personnage mythologique très présent dans les contes kabyles et anciennes croyances d’Afrique du Nord. Devenue princesse est l’une des figures les plus importantes du panthéon Amazigh.

La légende de Teryel est une véritable épopée féminine qui présente la fracture entre l’ancien monde et le nouveau.

Dans les temps les plus anciens, les hommes et les femmes étaient sortis du monde souterrain et chacun vivait alors séparé. Les femmes dominaient les hommes par le pouvoir de la sexualité et ces derniers étaient sous leur contrôle ne pouvant qu’analyser leur position. La situation restera à l’identique pendant de nombreux siècles jusqu’au jour où les hommes vont construire des maisons de pierres où ils vont placer les femmes sous leur contrôle et leur dépendance, canalisant ainsi leur pouvoir au sein de la demeure. Le matriarcat disparu au profit du patriarcat et c’était maintenant les hommes qui faisaient la loi, sauf dans le foyer ou la femme n’avait pas perdu de son pouvoir de séduction. 

Parmi toutes les femmes des temps anciens, certaines ont refusé cet état de soumission et sont parties vers une vie de nomade avec certains hommes, restés fidèles aux anciennes coutumes. Ces femmes coupables furent appelées Iwaghzniwens (les ogresses ou rebelles). Elles étaient des sauvages insoumises et maîtresses de leur destin, défiant l’ordre divin. L’une d’entre elles porte le nom de Teryel, c’était une sorcière, une déesse par ses grands pouvoirs sur les hommes. Ses connaissances magiques lui viennent des feuilles d’or qu’elle aurait mangées sur un arbre des temps anciens. Vestiges de l’ancien temps de l’autre monde Atala. Les feuilles d’or lui ont donné les connaissances et le contrôle du monde invisible, des esprits et des Djnuns. C’est pour cela qu’elle est parfois appelée déesse.

La tradition orale nous dit que c’est elle qui donna naissance à tous les ogres (waghzens), qu’elle garde sous son contrôle. Ces derniers accomplissent toutes leurs volontés. Dans les villages, les hommes sédentaires redoutent la colère de la sorcière Teryel et de ses serviteurs. Les femmes en revanche lui demandent sa protection en tant que déesse et protectrice du pouvoir féminin. Suivant les situations, elle peut être terrible où bienfaisante. Elle possède une apparence effrayante et hirsute mais peut également apparaître sous les traits d’une belle jeune femme. C’est depuis ces temps que toutes les femmes insoumises sont appelées « yélis n Teryel » ou les filles de Teryel. 

Bien que la sorcière vive seule, sans mari, elle possède une fille qui s’appelle Loundja (la fille de l’ogresse). 

Teryel, vit dans les grottes et voyage surtout la nuit. Elle dévore les petits garçons et les place dans une grosse besace attachée à son bâton et les emporte dans sa tanière. Dans la tradition kabyle, on enseigne aux jeunes garçons une méthode pour échapper à la sorcière. Il suffit de lui téter le sein au moment où elle vous attrape, car la loi du lait s’applique et le jeune homme devient symboliquement son fils. Or même une ogresse ne dévore pas sa propre progéniture. Teryel ne s’en prend jamais aux jeunes filles mais n’hésite pas à jouer de mauvais tours aux femmes adultes soumises à leurs époux.  En revanche elle serait là protectrice des femmes répudiées où maltraitées par leur mari ou toute autre homme. Faisant alors de ces jeunes femmes ses filles adoptives. De nombreuses légendes font intervenir la sorcière Teryel.

Les ogres (waghzens)

Les ogresses, agents stérilisateurs, seraient en fait des femmes déchues. Dans les temps mythiques des origines, à l’époque des premiers hommes et des premières femmes qui seraient sortis sur terre à partir du monde souterrain, les uns et les autres vivaient séparés. C’est aux femmes que serait revenue l’initiative du premier rapport sexuel et alors les femmes dominaient les hommes. Mais ceux-ci, avec des pierres qu’ils rassemblèrent, se mirent à construire des maisons où, désormais, se tinrent les femmes, qui, du même coup, tombèrent dans la dépendance masculine. 

Mais une femme et un homme préférèrent poursuivre une vie sauvage, sans maison, et c’est ainsi que la femme devint teryel, l’ogresse cannibale, et l’homme devint le lion. 

La mythologie kabyle est davantage peuplée d’ogresses que d’ogres. Ces ogresses, que l’on appelle teryel/teryalin, sont des femmes sauvages, indomptées et dangereuses. Un autre mythe attribue à l’une d’elles la maternité de tous les ogres qu’elle aurait enfantés pour avoir consommé les feuilles d’or d’un arbre extraordinaire. Plus que les ogres qui leur paraissent subordonnés, elles sont maîtresses de l’espace sauvage où elles agissent à l’envers de tout ce qui se passe au sein du monde civilisé.

Saints

Saint Augustin

Illustre docteur de l’Eglise, saint Augustin, devenu évêque d’Hippone, est l’un des quatre Pères de l’Eglise latine. Il est fêté avec sa mère, sainte Monique.

Saint Augustin, né le 13 novembre 354, est l’un des trois enfants de Patrice et Monique, petits exploitants agricoles à Thagaste (aujourd’hui Souk Ahras, aux confins de l’Algérie et de la Tunisie). Augustin, son frère et sa sœur vécurent là une enfance heureuse. Il n’aimait pas l’école et ses brutalités. Mais son intelligence y brilla rapidement ; et ses parents firent tout ce qu’ils pouvaient pour favoriser sa réussite, dont ils espéraient profiter eux aussi. Il fit donc d’excellentes études primaires, secondaires, et finalement universitaires à Carthage ; et il devint bientôt professeur de lettres.

Sa mère, la future sainte Monique, était une bonne chrétienne. Son père, Patrice, était quant à lui un païen qui ne fit pas obstacle à ce que la mère donnât une éducation chrétienne aux enfants. Bébé, Augustin reçut le sacrement des catéchumènes : le signe de la croix sur le front, les grains de sel sur les lèvres, ce qu’on appelait naguère les « rites préliminaires » du baptême. Plus tard, vers sept ans, il tomba gravement malade ; en danger de mort, il réclama instamment le baptême. Mais il se rétablit et on différa la cérémonie. Il y avait, en effet, à l’époque, deux catégories de chrétiens, les « fidèles », qui avaient reçu le baptême et promis de vivre en chrétiens, et les « catéchumènes » qui préféraient se tenir confortablement sur le seuil, en se disant qu’il serait toujours temps de faire le nécessaire plus tard.

Augustin fut donc toujours chrétien : il avait bu, dit-il dans ses Confessions, le nom de son Sauveur avec le lait de sa mère et il le retenait au fond de son cœur d’enfant. Mais il est bien probable qu’il n’y pensa guère au cours des années un peu folles de son adolescence.

Entre sagesse et passion

À 17-18 ans, étudiant à Carthage, il se lia à une compagne qui lui donna un enfant. Ils le prénommèrent Adéodat, « Dieudonné ». Adéodat reçut le baptême à 15 ans, en même temps que son père, dans la nuit pascale de 387. Mais il mourut prématurément vers l’âge de 18 ans.

Entre temps, enthousiasmé par un dialogue philosophique de Cicéron, tiraillé entre son amour de la Sagesse (la philosophie) et ses passions de jeune homme ardent et ambitieux, Augustin se lança dans une longue quête de la Vérité. Il tenta de lire la Bible, mais fut rebuté par le mauvais latin de vieilles traductions. Il lisait tout ce qu’il trouvait d’ouvrages philosophiques, séduit tantôt par le scepticisme, tantôt par l’épicurisme. Il était en recherche.

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Il fut ensuite séduit par la secte des manichéens, qu’il fréquenta pendant presque neuf ans.Le manichéisme était une religion orientale, fondée par Mani, qui professait un dualisme radical: l’opposition du Bien et du Mal, de la Lumière et des Ténèbres etc. Cette secte, qui prétendait offrir une explication rationnelle du monde, eut une grande influence sur les cercles aristocratiques du IVe siècle en Afrique du Nord. Après sa conversion, à travers les Confessions et dans les autres ouvrages, saint Augustin s’attacha à combattre vivement le manichéisme dans et hors de l’Église.

À l’âge de 29 ans (en 383), il quitte Carthage pour Rome, puis pour Milan, résidence impériale, où il obtient une chaire. Il devient fonctionnaire : c’est le sommet de sa carrière ! Jeune, ambitieux, Augustin court après les honneurs, la richesse, le mariage. Il voudrait obtenir un poste de gouverneur de province pour commencer, puis entrer dans l’ordre sénatorial… Sa mère l’a rejoint à Milan et s’entremet pour lui trouver une riche épouse : il faut (déjà) de l’argent pour entrer en politique ! Augustin se résigne à répudier celle qui est sa compagne depuis seize ans : il dit que son cœur en fut déchiré…

La conversion et le baptême

Dès son arrivée à Milan, Augustin avait rendu une visite de courtoisie à l’évêque, Ambroise, qui le reçut paternellement. Il prit l’habitude d’aller l’écouter le dimanche, d’abord pour évaluer le talent de l’orateur. Mais son cœur s’ouvrit peu à peu à la vérité du discours. Il découvrit le sens spirituel de l’Ancien Testament. Ce fut un événement de première importance : Augustin pouvait se trouver désormais chez lui dans la Bible.

À la lecture des philosophes platoniciens qui lui conseillaient de se retourner de l’extérieur vers l’intérieur, autrement dit de se « convertir », il entra en lui-même, sous la conduite de Dieu, et découvrit la pure spiritualité de l’âme et de Dieu, son créateur.

Mais Augustin s’interrogeait toujours sur la personnalité du Christ. Il l’imaginait comme un homme d’une éminente sagesse, qui, au témoignage des Évangiles, avait mangé et bu, dormi et marché, s’était réjoui et attristé, avait conversé avec ses amis, avait donc mené une vraie vie d’homme. Mais il n’avait aucune idée du mystère du « Verbe fait chair », jusqu’à ce que Simplicien, un grand intellectuel chrétien, lui présentât le Prologue de l’Évangile de Jean comme un condensé de la doctrine chrétienne : le Christ est à la fois le Verbe, la Parole de Dieu en Dieu, et la Parole faite chair, l’homme Jésus Christ, Médiateur de Dieu et des hommes. Ce fut un autre moment important : Augustin découvrit la cohérence de la pensée chrétienne.

Mais il lui restait encore à mettre sa vie en conformité avec le christianisme. Ce ne fut pas sans mal ! Vint un jour un crise décisive dans le jardin de sa résidence à Milan. Après un moment de forte agitation, il s’abattit sous un figuier et laissa libre cours à ses larmes. C’est alors qu’il entendit une voix d’enfant qui chantonnait : « Prends, lis ! prends, lis ! » Il se saisit du livre des lettres de Paul, l’ouvrit au hasard et lut : « Pas d’orgies et de beuveries, pas de coucheries et de débauches, pas de disputes et de jalousies ; mais revêtez-vous du seigneur Jésus-Christ ; et n’ayez souci de la chair pour en satisfaire les convoitises » (Romains 13, 13-14). Cela suffit pour dissiper les ténèbres du doute.

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À la fin de l’année universitaire, Augustin, sa famille et deux jeunes disciples firent retraite dans une villa, dans les collines au nord de Milan, qui était mise à leur disposition par un collègue. Ils passèrent là des mois paisibles, s’adonnant à des entretiens philosophiques, à des méditations personnelles, à des prières aux accents des Psaumes qui enthousiasmaient Augustin.

En mars 387, ils revinrent à Milan pour l’inscription sur le registre des candidats au baptême. Augustin, un de ses amis et son fils Adéodat suivirent la catéchèse d’Ambroise. Au cours de la nuit pascale du 24-25 avril 387, comme les autres, Augustin fut baptisé par Ambroise dans la piscine baptismale.

La retraite anticipée

Augustin n’avait désormais plus rien à faire en Italie. Il prit le chemin du retour avec sa famille. En automne 387, ils étaient à Ostie, en attente d’embarquement pour l’Afrique. C’est là qu’Augustin et Monique, accoudés à une fenêtre, connurent ensemble un moment de bonheur mystique, l’ »extase » ou la « contemplation » d’Ostie. Cinq jours après, Monique fut prise de fièvre et mourut au bout de neuf jours, à l’âge de cinquante-six ans.

De retour au pays, en 388, Augustin et ses compagnons s’installèrent dans la maison familiale à Thagaste. De retour en Afrique du Nord, il fonde une petite communauté contemplative. Il est appelé comme prêtre, puis comme évêque à Hippone. Il combat continuellement les déviations de la foi chrétienne. Il meurt en 430, pendant le siège de sa ville Hippone par les Vandales. Docteur de l’Église, il est l’un des quatre « Pères de l’Église d’Occident » avec saint Ambroise, saint Jérôme et Grégoire Ier.

Saint Cyprien

Cyprien de Carthage, de son vrai nom Thascius Caecilius Cyprianus, né vers 200 et mort en martyr le 14 septembre 258 sous la persécution de Valérien, est un Berbère converti au christianisme, évêque de Carthage et Père de l’Église. Il est, après saint Augustin, l’un des plus grands témoins de la doctrine de l’Église latine des premiers siècles.

Vie et martyre

Il naît en Afrique du Nord vers 200, de parents païens d’origine berbère. Il fait d’abord une carrière de rhéteur à Carthage. Il professe la rhétorique et se convertit assez tard au christianisme. Il devient prêtre puis, en 249, évêque de Carthage. Pendant la persécution de Dèce, il reste loin de Carthage ; cette « fuite », qu’on lui reproche, aggrave les difficultés qu’il a à résoudre : révolte des confesseurs, problème de la réconciliation des lapsi, éclatement de schismes à ce sujet en Afrique et à Rome, où Novatien choisit la sévérité et fonde une Église dissidente promise à un long avenir. La mort de Dèce en 251 lui apporte quelques années de répit, malgré les menaces de persécution et la survenue d’une épidémie.

En 255, commencent les démêlés avec Étienne, évêque de Rome : affaire de deux évêques espagnols apostats, imprudemment, à ses yeux, réhabilités par le pape ; affaire de Marcianus d’Arles, novatianiste, qu’il demande à Étienne d’écarter de la communion ; dispute relative à la validité (que refuse Cyprien) du baptême donné par les hérétiques.

Quand paraît le premier édit persécuteur de Valérien, Cyprien est exilé en août 257 ; un an après, revenu dans sa ville épiscopale, il y est, en vertu du second édit, décapité le 14 septembre 258 avec plusieurs de ses compagnons ecclésiastiques, dont Flavien de Carthage. Sa vie est connue par une biographie, la Vita Cypriani, écrite par le diacre Pontius de Carthage (en). On a aussi conservé les Actes proconsulaires de sa passion avec les comptes rendus authentiques des interrogatoires.

Œuvres

Saint Cyprien a écrit en latin de nombreux traités ainsi que des lettres. Leur objet et leur but est de défendre le christianisme et de soutenir la foi des chrétiens. Les lettres de saint Cyprien sont des documents historiques précieux, notamment pour comprendre l’évolution du droit ecclésiastique.

Saint Cyprien, évêque de Carthage.

Il a laissé de très nombreux écrits parmi lesquels :

  • Ad Donatum / A Donat : sur la décadence morale de son époque ;
  • Ad Quirinum / A Quirinus : sur les rapports et les oppositions entre judaïsme et christianisme ;
  • De habitu virginum / Les habits des vierges : sur la façon de se vêtir des vierges, laquelle doit être simple et modeste ;
  • De Catholicae Ecclesiae unitate / De l’unité de l’Église catholique : contre ceux qui cherchent à créer la division dans l’Église ;
  • De dominica oratione / La prière du Seigneur : commentaire du Notre Père ;
  • De mortalitate / La condition mortelle de l’homme : sur la maladie et la mort ;
  • De opere et eleemosynis / L’activité pratique et les aumônes : sur les bonnes œuvres, la perfection et le martyre ;
  • Ad Demetrianum / À Démétrien : réponse contre les attaques païennes ;
  • De lapsis / Des tombés : on nommait ainsi ceux qui avaient fléchi pendant la persécution de Dèce ;
  • De bono patientiae / La bonté de la patience : sur la vertu de patience ;
  • Contre les spectacles : contre les excès immoraux de certains spectacles ;
  • Les avantages de la pudeur : sur la pudeur et la morale ;
  • La jalousie et l’envie : contre la jalousie et l’envie ;
  • Lettres.

Le traité De Catholicae Ecclesiae unitate (De l’unité de l’Église catholique publié en 251) est l’une de ses œuvres clé, considérée comme le premier traité d’ecclésiologie de la littérature chrétienne, saint Cyprien n’ayant de cesse de rappeler l’unité de l’Église. Il met en garde ses contemporains chrétiens contre l’orgueilleuse tentation de créer une église parallèle à la « grande Église ». Cela n’aboutirait à rien car « hors de l’Église, il n’y a pas de salut » (personne ne peut se sauver en dehors de l’Église). Cette expression (en latin Extra Ecclesiam nulla salus) a souvent été mal comprise.

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Rites et fêtes religieuses

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Zaouias et confréries religieuses

Références bibliographiques

المراجع الببليوغرافية

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