Système politique en Algérie

Le concept de système politique au sens large renvoie à la société en général. Il peut désigner l’ensemble organisé et structuré de mécanismes formels et informels et de phénomènes politiques dépendant les uns des autres, qui ne fonctionnent pas en vase clos, le tout dans le but d’organiser la vie en société. De cet ensemble, il 

  • des institutions politiques (appareils étatiques, agences gouvernementales, ministères);
  • des acteurs politiques (individus, partis, syndicats, organisations non-gouvernementales);
  • des normes, valeurs et des croyances politiques (idéologies, doctrines, lois, règles); 
  • des rapports politiques (gouvernants-gouvernés, État-société, relations internationales).
  • des rapports économiques (création de la richesse, distribution des biens, fonctionnement du marché) 

Nous pouvons classer ces différents mécanismes et phénomènes dans trois groupes, qui agissent comme des systèmes à part 

  1. Sous-système socio-culturel
  2. Sous-système politique
  3. Sous-système économique

Dans le système au sens large, il y a un jeu contraire et complémentaire des forces de solidarité et de désorganisation sociale, de différenciation et d’intégration entre les différents sous-systèmes. Le système fonctionne comme un ensemble ou les sous-systèmes réagissant les uns sur les autres. La déstabilisation de l’un des sous-systèmes aura des répercussions sur le système global, mais aussi sur chacun des autres sous-systèmes qui réagiront à leur tour sur le premier sous-système. Dans tous les systèmes politiques et sociales il y aurait ainsi des processus permanents et simultanés de déstructuration et de restructuration. Ces mécanismes sociaux permettent le contrôle social des membres du groupe social considéré. Il impose aux membres des normes sociales dans la transgression conduit à des sanctions symbolique où matériel

Le sous-système socio-culturel : 

Londres social entendu comme l’ensemble des mécanismes sociaux de régulation des comportements des individus et des groupes des individus. Ces comportements peuvent relever des US et coutumes, nous avons alors un contrôle social informel ou alors des pratiques religieuses et des lois le contrôle social est alors formalisé. 

Tout d’abord, nous pouvons stipuler que les comportements se disent dans un langage, se jouent dans des rites, se projettent dans des croyances et se rationalisent en référence à une idéologie ou une religion. L’ensemble de ces comportements, attitudes, rites et les productions culturelles qui en découlent traduisent extérieurement une réalité psychologique à caractère collectif sous formes de valeurs et de croyances qui naissent et se transforment dans un cadre organisé, stable qui maintient l’équilibre dans la société. Ce cadre stable et organisé est connu généralement par « l’ordre social ». 

Le but de ce travail n’est pas de rentrer dans le débat savant des différentes théories sur la définition de l’ordre social, son origine et les éléments qui le maintienne, qui n’a pas sa place dans ce travail. Nous nous contentons d’une définitions générale de l’ordre social et nous nous focalisons sur les différentes composantes qui le structure, aussi les valeurs qui en découlent. Ainsi, nous pouvons dire que l’ordre social est le produit de processus multiples, parfois contradictoires qui conservent l’équilibre et la stabilité nécessaire à toute société. Il regroupe la totalité des composantes d’une société qu’elles soient formelles ou informelles (familles, associations, réseaux, corporations, confréries…etc. ). Ces groupes sociaux formels ou informels pris dans leur globalité ou d’une manière individuel sont traversé par des relations et des interactions qui produisent des normes, des croyance et des valeurs communes, qui peuvent être de deux types :  

  • des rapports primordiaux avec l’environnement immédiat, principalement la famille considéré comme le premier foyer de socialisation, tissu de relations élémentaires qui a ses lois, mais dont l’apprentissage se fait inconsciemment, par expérimentation directe, par la vie réelle avec des individus de chair et d’os. Nous pouvons les nommer rapports humains ; Ils créent des valeurs humaines.
  • des rapports secondaires, définis par des systèmes d’attitudes organisant les relations entre individus qui ne se connaissent pas directement. L’apprentissage de ces relations impersonnelles est artificiel, conscient. Nous pouvons les nommer rapports sociaux. Ils créent les valeurs éthiques ou morales qui permettent de d’organiser les groupes humains, faire société et vivre ensemble.  

Ces deux types d’interactions, définissent le rapport de l’individu aux autres individus pris individuellement ou dans le rapport au groupe ou dans le groupe. Contrairement aux valeurs humaines acquises dans la famille, les valeurs éthiques, elles, pour se maintenir d’une génération à l’autre, doit passer par un processus complexe d’apprentissage intellectuel, hautement formalisé. Il est plus difficile d’apprendre l’Etat, la République, le Communisme, le Racisme que d’assimiler, par instinct et imitation, les conduites stéréotypées régissant les rapports entre individus appartenant à la même cellule élémentaire, à la famille de procréation. Dans la pratique, chaque génération, dont les valeurs de base sont modelées dans le creuset familial, peut réinventer, lorsque vient l’adolescence, l’idéologie dominante de son univers social, sans contrainte et sans endoctrinement. Elle lui paraît alors juste et surtout naturelle. Spécifiquement, les rapports dans la famille – entre parents et enfants, entre mari et femme et entre frères et soeurs –  servent de modèle et de repères et constituent le socle des valeurs et des comportements défendus en société, sous formes éthiques, morales, religions ou idéologies. 

Les valeurs humaines sont des valeurs universelles et inclusives de tous, alors que les valeurs éthiques, morales ou religieuses peuvent être particulières à un groupe donné, voire contre un autre groupe. Ces valeurs prises dans un sens plus large, peuvent être incluse à la notion de la culture. Cette dernière est définit par l’UNESCO comme étant l’ensemble des traits distinctifs,…, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe outre les arts et les lettres, les modes de vie, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. L’architecture est un aspect de  la culture, au même titre que la musique et la danse.

Pour finir nous pouvons dire, que l’état d’une société donnée à une époque donnée est façonnée par les structures sociales qui le compose ainsi que par les valeurs qui sont aussi historiquement déterminé et sécrétés par ces mêmes structures sociales. La prise en compte de ces  différentes dimensions conduit à avoir une vision de la dynamique des sociétés sur la longue durée au lieu du temps court. Les structures sociales conditionnent à l’insu des acteurs les valeurs politiques. 

La nature de chaque système politique est façonnée par les conditions historiques spécifiques sous-tendant sa formation, son développement et son évolution. Par conséquent, le régime politique dans un Etat, dans un pays donné, à une époque donnée, ne peut être que le reflet de son l’évolution historique et anthropologique des principales structures sociales qui le compose. Raison pour laquelle, avant d’aller dans le détail du fonctionnement du système politique et social algérien moderne, il faut analyser le système dit traditionnel qui a existé avant le pénétration française et a survécu à l’entreprise coloniale, qui a structuré la fonctionnement de la société sur plusieurs millénaires. 

Sous-système politique

Il constitue le mode d’organisation des pouvoirs publics, c’est à dire leurs attributions, le type de relation juridique et politique qu’ils entretiennent, leur mode de désignation et d’un autre côté, son mode d’exercice. Il peut désigner l’Etat au sens large, et le régime politique au sens restreint. 

Sous-système socioculturel

Il désigne la totalité des structures sociales organisées en ordre dans une société (la famille, les tribus, les corporations de métiers, les réseaux d’affaires ou politiques),  et les interactions humaines qui en découlent: les éléments culturels, les valeurs, et les croyances.

Sous-système économique

Il désigne le mode d’organisation de l’activité économique d’un pays, qui rend possible et détermine la production, la consommation, l’utilisation des ressources. Le modèle économique a des impacts notamment sur la gestion de la richesse d’un pays, sur le fonctionnement du marché du travail et aussi sur la protection social.  

Dans le cas algérien, le système politique représente l’ensemble des groupes, des mécanismes juridiques et institutionnels, les structures de reproduction sociales (les structures familiales, l’ordre religieux, l’esprit tribales, l’armée, la Présidence de la République, l’appareil bureaucratique, les réseaux d’affaires, les partis politiques, les associations, les corporations, les zaouïas… ) et les valeurs qui traversent la société. 

L’Etat algérien au sens moderne constitue l’entité qui a le monopole du pouvoir politique au sein du système politique et le régime politique désigne l’organisation juridico-institutionnelle (approche privilégiée du Droit Constitutionnel). L’Etat renvoie à la notion de la souveraineté et le pouvoir politique et le régime politique renvoie à l’organisation officielle des principaux pouvoirs institués ou encore les relations juridiques entre les pouvoirs constitutionnellement établis. Le régime politique est donc un sous ensemble du système politique, il matérialise l’organisation juridique de l’Etat, il peut être démocratique, autoritaire ou totalitaire, selon le degré des libertés garanties dans la société (du plus fermé totalitaire au plus ouvert démocratie, entre les deux le régime hybride de l’autoritarisme).

Le système politique traditionnel

Les différents acteurs qu’ils soient individuels ou collectifs, qui composent le système politique algérien jouent des rôles différents dans la distribution des rôles dans l’exercice du pouvoir politique, dans le fonctionnement des institutions de l’Etat et la gestion des affaires économiques, et aussi dans le fonctionnement globale de la société. Un fonctionnement qui repose sur un savant mélange d’un héritage traditionnel toujours présent dans l’inconscient collectif qui se greffe sur une modernité qui a du mal à s’imposer définitivement ou l’Etat sera la seule source de légitimité, qui monopolise l’exercice du pouvoir politique. Cette ambivalence trouve origine dans l’histoire ancienne, qu’elle soit antique où médiévale mais aussi, proche, avec la colonisation française.  

  • L’ordre social traditionnel 

En effet, avant de se frotter au modèle de l’Etat-Nation moderne après la colonisation, les Algériens se sont familiarisés, dans le contexte antique et médiéval, avec une forme d’un Etat archaïque de type tributaire et segmentaire, fondé sur une décentralisation complexe permettant la coexistence entre une autorité centrale et des foyers de pouvoir (communautés religieuses, tribus, corporations) se gérant eux-mêmes.  

Les activités de cet Etat archaïque — confinées aux villes, à la côte, aux vallées et aux plaines accessibles — étaient limitées. Les communautés ne désirant pas se soumettre aux exigences fiscales pouvaient se retirer dans des régions moins accessibles et éviter, ainsi, toute persécution. De vastes sphères de la vie sociale échappaient à des gouvernants plus soucieux d’assurer la sécurité dans les zones sous leur contrôle que de transformer la société. 

Le système ottoman, qui a duré trois siècles, s’inspirait de ces principes. A la veille de la conquête française, l’autorité des Turcs ottomans fut mise à rude épreuve. Des soulèvements provoqués par les confréries religieuses secouèrent la Petite Kabylie à l’est, Mascara et le Chelif à l’ouest. Sur l’ensemble du territoire, en 1830, 200 tribus sur 516 n’avaient plus de rapports avec les autorités. Extérieur à la société, l’Etat ne disposait plus, alors, des ressources lui permettant de faire front à l’invasion française. 

  • Les structures politiques traditionnelles  :  

En effet, avant de se frotter au modèle de l’Etat-Nation moderne après la colonisation, les Algériens se sont familiarisés, dans le contexte antique et médiéval, avec une forme d’un Etat archaïque de type tributaire et segmentaire, fondé sur une décentralisation complexe permettant la coexistence entre une autorité centrale et des foyers de pouvoir (communautés religieuses, tribus, corporations) se gérant eux-mêmes.  

Les activités de cet Etat archaïque — confinées aux villes, à la côte, aux vallées et aux plaines accessibles — étaient limitées. Les communautés ne désirant pas se soumettre aux exigences fiscales pouvaient se retirer dans des régions moins accessibles et éviter, ainsi, toute persécution. De vastes sphères de la vie sociale échappaient à des gouvernants plus soucieux d’assurer la sécurité dans les zones sous leur contrôle que de transformer la société. 

Le système ottoman, qui a duré trois siècles, s’inspirait de ces principes. A la veille de la conquête française, l’autorité des Turcs ottomans fut mise à rude épreuve. Des soulèvements provoqués par les confréries religieuses secouèrent la Petite Kabylie à l’est, Mascara et le Chelif à l’ouest. Sur l’ensemble du territoire, en 1830, 200 tribus sur 516 n’avaient plus de rapports avec les autorités. Extérieur à la société, l’Etat ne disposait plus, alors, des ressources lui permettant de faire front à l’invasion française. 

  • L’ordre économique traditionnel 

L’économie coloniale axée sur les exportations agricoles et de matières premières conjuguée à l’importation de produits manufacturés

La période coloniale

L’entreprise coloniale s’est attaqué des le départ à l’organisation traditionnelle construite au tour des tribus, pour assoir sa domination. Le démantèlement de l’ordre tribal, qui s’effectue en Algérie entre 1830 et la Première Guerre mondiale environ, est une réalité qu’on ne peut nier mais qu’on se doit de nuancer. Celui-ci s’est effectué de plusieurs manières : par destruction physique, par dépossession foncière, en discréditant les structures d’autorité traditionnelles et en imposant de nouvelles normes culturelles aux populations autochtones, sans pour autant arriver à bout de tout l’inconscient collectif qui structure l’imaginaire politique des algériens. 

  • Economie coloniale 

L’économie coloniale axée sur les exportations agricoles et de matières premières conjuguée à l’importation de produits manufacturés

Le système politique contemporain
(postindépendance)

L'Etat - Nation en Algérie

  • L’ordre social contemporain   
  • Le régime politique contemporain   
  • Le modèle économique contemporain   

Les mouvements nationalistes algériens entre les deux guerres, apparaissent être les produits des transformations coloniales sur la société algérienne. Ils se sont ainsi construits sur les ruines des solidarités tribales, dans les départements du Nord, et selon des logiques et des discours empruntant aux idéologies véhiculées par les États-nations de l’Europe et, en particulier, aussi paradoxal que cela puisse paraître, de la France. Ces mouvements politiques créeront l’idée d’une nation algérienne, en opposition au code de l’indigénat.  

Après l’indépendance, l’Algérie a construit un État tourné vers la modernité avec des institutions centrales et locales, le droit positif comme source de la norme juridique, un système d’état civile très élaboré, le tout sur les ruines d’un fond organisationnel anthropologique plusieurs fois millénaires, ou la tribu joue un rôle clé. Un ordre traditionnel que la colonisation française n’a pas réussi à faire disparaitre complètement. Les tribus ont disparu physiquement, mais le sentiment d’appartenance, l’allégeance, et les réflexes culturels existent  toujours dans l’imaginaire collectif où la société est réfractaire à toute idée de centralisation et d’hégémonie que représente l’Etat au sens moderne, ou l’exercice de l’autorité est complètement délégué à des corps étrangers. A cela s’ajoute la confusion idéologique et des choix d’orientations politiques très contestés, le tout au milieu des luttes de clans et de clientèle dans lesquelles l’armée réussi à imposer ses hommes et ses conceptions.  

De manière générale, depuis l’indépendance et jusqu’au début des années 1990, le fait tribal fut perçu comme un archaïsme social préjudiciable pour l’Algérie. La politique socialiste et nationaliste du parti unique fln et de l’État supposait la lutte contre les « archaïsmes » et les divisions pouvant exister au sein de la nation. Toutefois, même s’il était vu comme nuisible, le fait tribal n’a jamais été réellement combattu. Compte tenu des circonstances historiques, il n’avait que peu de poids au sein de la nouvelle société algérienne. Aujourd’hui encore, les organisations sociales de type tribal semblent assez minoritaires mais l’esprit reste vifs et remonte en surface pendant les crises politiques majeurs, comme c’était le cas en 2019. C’est la tribalisme sans tribus, comme l’a théorisé Mohamed Hachemaoui.  

  • Exercice du pouvoir et privatisation de l’Etat 

Le coeur du pouvoir politique et de la gestion des affaires politiques, institutionnels, et économiques de l’Algérie est dominé et privatisé par une oligarchie constitué principalement par des militaires et une et sa clientèle. Ils ont monopolisé la souveraineté politique après l’indépendance d’une manière opportuniste, en usant de la force, et contrôlent ainsi de fait l’Etat, et la société. Il y a une forme d’alliance hétérogène entre les composantes qui monopolisent le pouvoir, avec un seul objectif, celui d’assurer le maintien de l’autorité, de diminuer les coûts de la compétition selon les périodes et d’en sécuriser les bénéfices, qui peuvent être économiques, politiques ou symboliques. C’est ce qui donne le caractère autoritaire du régime politique algérien post-indépendance, qui a évolué depuis au gré des rapports de forces qui se disputent le pouvoir. 

La volonté de parachever l’indépendance en lui fournissant l’assise économique et sociale qui lui manquait faisait l’unanimité. Mais comment y parvenir sans toucher à des structures génératrices d’autoritarisme ? Deux grands projets étaient en compétition au sein du FLN. Sa gauche prônait la construction d’une modernité par en bas, grâce à l’autogestion, et se prononçait pour une réforme du parti autorisant les tendances organisées, voire pour une formation de type travailliste où les syndicats joueraient un rôle majeur. La faveur des militaires, avec Houari Boumediène, allait à une modernisation par en haut, autoritaire, mise en œuvre par des élites étatiques. Tous deux étaient favorables à la sécularisation et à l’égalité des sexes, mais contesté à l’intérieur par les courants conservateurs, regroupé au tour de l’association  »El Kiyam » (voir l’histoire de l’opposition algérienne et l’histoire de l’islam politique dans la partie histoire de PRISMA).  

  • Triumvirat , coeur du pouvoir  

En 1965, c’est le second projet, celui de Boumediène, qui triomphe. L’armée s’assure une place prépondérante dans l’Etat et, à travers sa police politique, étend son appareil dans l’administration comme dans l’économie : elle devient l’instrument par excellence de la sélection des élites. 

Boumedienne, chef d’Etat détenait l’essentiel du pouvoir avec ses pairs du conseil de la révolution. La structure de décision a évolué sous Chadli pour s’articuler sous trois pôles, qui forme un triumvirat : Présidence, Etat-major de l’armée et les services de sécurité et renseignement. Ces trois acteurs agissent comme un cartel :  

-d’un coté, ils sont en compétition pour le contrôle du méta-pouvoir (le pouvoir du pouvoir) qui leur permet d’agir sur les autres acteurs qui compose le système en instrumentalisant les institutions pour accaparer les ressources (moyens de la violence, argent) en s’affrontant par des actes de régulation (enquêtes anti corruption, mise à la retraite, presse interposée…).  

-de l’autre, ils sont solidaires et mettent de coté la compétition, les contradictions, à chaque fois qu’un danger extérieur menace les équilibres internes du système, ou qui peut remettre en cause la main mise sur le méta-pouvoir (une opposition politique ou un mouvement social non contrôlé).  

C’est ce qui explique que, malgré les crises qui le secoue, les équilibres fondamentaux ne soient jamais bouleversés, car les mêmes acteurs qui composent ce cartel se réunissent  pour garantir une situation de prévalence et ne se gêne pas à se débarrasser d’une partie de sa composante pour sauver les fondamentaux qui le compose. 

Donc d’un régime autoritaire à parti unique après l’indépendance, il est passé à un régime autoritaire avec une façade démocratique depuis 1989 (signalons que la démocratie de façade est une catégorie de régime autoritaire et non pas un format de processus ou de transition vers la démocratie), pour dépasser les blocages du parti unique, qui ont conduit à l’explosion populaire d’octobre 1988.  

Désormais, le régime politique  algérien présente toutes les apparences d’une démocratie avec des partis, des élections, une presse privé et public, des assemblée élues, mais ces institutions ne sont n’est libre, ni transparente dans l’exercice du jeux politique.  Si le caractère autoritaire du régime politique algérien dans sa forme présente, et son organisation est le résultat direct de la guerre de libération du pays, néanmoins, il  puisent ses racines dans le fond anthropologique et des valeurs qui structurent l’ordre sociale ancien et traditionnel, segmentaires et tribales dans son organisation qui s’appuie sur des valeurs patriarcales, autoritaires, et patrilinéaires dans la constitution des rapports entre les membres des structures familiales. Il y a une forme d’un équilibre globale sous forme d’un contrat social et politique tacite qui assure un équilibre entre les différents acteurs et composantes qui neutralise les rapports de force et intérêts par la redistribution de la rente pétrolière. Le jeux de pouvoirs et les équilibres assurés dans le triumvirat ont connu des évolutions différentes au courant de l’histoire récente du pays.  

Cet ordre et équilibre est maintenu par le mécanisme de la clientélisation des autres composante du système et des élites en redistribuant les ressources, principalement la rente pétrolière, et l’institutionnalisation des fidélités personnels par des plans de carrière.

Etat algérien

Admise dans la société internationale en tant qu’État souverain et indépendant en 1962 comme membre de l’ONU, l’Algérie écrit, depuis cette date son histoire politique et constitutionnelle moderne.  

L’Etat algérien est moderne : c’est à dire qu’il répond à la conception juridique admise par le droit international public, qui définit l’Etat à travers le triptyque qui le compose : 

  1. Territoire: les frontières de l’actuel Algérie reprends principalement les frontières historiques des différents entités politique qui se sont succédés depuis les Etats Numides (y compris le Sahara, qui est un territoire Touareg). 
  1. Population :   la population algérienne est le résultat d’un brassage historique qui s’enracine dans la profondeur des 4 000 ans d’histoire de civilisation, avec un substrat amazigh. 
  1. Pouvoir souverain et légitime: le pouvoir repose principalement sur la délégation de l’exercice de l’autorité par ceux qui doivent la subir (le peuple), pour ceux qui l’exerce, c’est à dire l’ensemble des entités et des personnes qui constitue l’appareil bureaucratique et institutionnel de l’Etat. Cette délégation d’autorité permet à l’État de  se présenter comme la source unique de tous les pouvoirs publics, c’est le sens de la souveraineté, ceci indépendamment du système qui le contrôle et de la nature du régime politique qui le compose. Le pouvoir algérien tire sa légitimité de la guerre de libération (légitimité historique), avant de muter vers une légitimité de façade démocratique, le tout sur fond idéologique nationalo-conservateur.  

Nous pouvons dire, qu’abstraction faite des différentes conceptions juridiques, philosophiques, sociologiques ou historiques, l’Etat algérien contemporain est le produit historique à la fois des anciens Etats archaïques en commençant par les Etats Numides, les Etats Amazigho-Musulmans du moyen âge (Rostomide, Zirides, Zianide, …), la Régence d’Alger, le régime coloniale français, et où le tout se greffent sur un fond traditionnel, résiduel, d’une organisation segmentaire  qui constitue le socle anthropologique du monde amazigh, ou l’appartenance tribale est le fondement de l’organisation politico-social. 

Nation algérienne

 La Nation est une notion philosophique et non pas juridique. Ce n’est pas une donnée : il s’agit d’une construction toujours inachevée. La théorie classique du droit international ne reconnait comme sujet que l’État souverain. 

Les définitions de la Nation diffèrent et varient selon les conceptions politiques et les présupposés idéologiques. Il en résulte des difficultés à établir les critères décisifs de l’existence de la nation, surtout lorsque l’analyse de cette existence est menée pour expliciter un conflit. Généralement, il y a deux grandes conceptions de la Nation qui se sont affrontés et qui continue de s’affronter aujourd’hui, opposent entre la communauté naturelle (ethnique) et la société contractuelle (civique).  

  • La première est fondée sur les liens objectifs : ceux du sang, (la famille, la race, l’ethnie), ceux du voisinage et du compagnonnage (village, pays, corporations). On ne choisit pas d’y appartenir, tout au plus peut ont choisir dans certains cas de la quitter. 
  • La deuxième (société civile moderne), au contraire, une société qui reflète le processus de modernisation, elle est fondée sur l’association volontaire et le consentement. Des individus acceptent par des calculs rationnels, d’ouvrer en commun afin d’atteindre des objectifs jugés souhaitables. 

Si on accepte l’idée que le critère essentiel, mais non unique, de l’existence d’une nation réside dans la volonté des populations de partager un destin commun sur un territoire, on voit mal comment ne pas admettre que le peuple algérien s’est considéré comme une Nation à plusieurs périodes de son histoire, en consentant les sacrifices nécessaires. Les résistances, armée où pacifique, aux envahisseurs sont révélatrices de cette volonté des populations de former une Nation. Mais ces résistances doivent être relié à tout ce qui les précède ou les suis.  

La formation et l’existence de la Nation algérienne paraît donc indiscutable et la guerre de libération a cimenté cette volonté d’oeuvrer ensemble pour construire Nation au sens moderne ou la citoyenneté est le seul critère objectif d’appartenance au groupe, même si les débats sur les questions ethniques et identitaires parasitent le débat politique. S’identifier à l’Etat comme première référence avant toutes autres appartenances qu’il soient ethniques, tribales ou religieuse est le défit à relever pour prémunir l’Algérie de toutes volonté  de dislocation ou déstabilisation, qu’elle soit militaire ou culturelle.  

Le régime politique

Le régime politique algérien est la composante juridique et institutionnelle du système politique. Il matérialise dans la forme la notion de l’Etat. Il comporte toutes les institutions formelles qui organisent les rapports de pouvoir entre les gouvernants et les gouvernés. 

  • Les institutions pendant la guerre de libération nationale : 

Le CCE (organe exécutif), CNRA (instance législative de la révolution, CIG (comité interministérielle de guerre), le GPRA (gouvernement provisoire), MALG (armement et renseignement) et EMG (état major de l’armée) 

  • Les  institutions du régime à parti unique 1963-1888 

GPRA, Comité révotionnaire, Assemblée constituante, Présidence , Comité centrale du parti, Assemblée nationale, Assémblées locales 

  • Les institutions après 1988  

La Présidence de la république, HCE, Haut Conseil de sécurité, le CNT, le parlement avec ses deux assemblées (assemblées nationale et le sénat), le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat, le gouvernement et les assemblées locales 

Le triumvirat - Coeur du système

Les institutions du régime

Le Conseil Constitutionnel

Le Conseil d'Etat

Les autres composantes du sysèmes

La rente pétrolière

Le clientélisme

Tribalisme / Régionalisme

Références bibliographiques

المراجع الببليوغرافية

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