PRISMA

موشور الأفكار

Akufi nt Tikta
Observatoire de la transformation sociale
Ordre traditionnel

Introduction

L’ordre traditionnel en Algérie fait référence à l’ordre politique et social existant avant la colonisation française. Il est le résultat d’une évolution historique et anthropologique qui s’est construite sur des millénaires. Il a été fortement déstabilisé pendant la colonisation française et a été complétement bouleversé par les politiques publiques post – indépendance du nouvel Etat algérien

Dans ce modèle traditionnel tel qu’il a existé avant la colonisation, l’identification sociale opérait à deux niveaux : au niveau de la famille et au niveau de la tribu. Il se composait d’une population à majorité nomades et semi-nomades. Ce modèle traditionnel secrétait des valeurs humaines et des valeurs éthiques qui sont structuré et véhiculé par la religion spécifiquement nord africaine ou les confréries religieuses jouaient un rôle clé. Cet ordre traditionnel mobilise la religion pour assurer sa pérennité. 

Cet ordre social, qui se retrouve en Afrique du Nord en général et de l’Algérie en particulier a conditionné, voir déterminé la vie social, mais aussi l’histoire politique de la région avec la nature des Etats successifs formés par les imazighens tout au long de leur histoire. 

Composantes de l'ordre traditionnel en Algérie

La société traditionnelle
La famille

Importance de la famille

La famille constitue un objet de recherche complexe, elle se situe au carrefour de plusieurs sciences (droit, sociologie, économie, anthropologie, psychologie, démographie…). Malgré des approches, conceptions différentes, voir opposer, sociologues, anthropologues, ethnologues s’accordent pour considérer la famille, désigné sous divers vocables – sphère, espace, appareils, unité domestique – comme un lieu de production et de reproduction des rapports sociaux et des valeurs. 

La famille est considérée comme le lieu privilégié où les nouveaux comportements démographiques sont habituellement initiés, où les stratégies d’adaptation aux mutations socioculturelles, aux crises économiques sont généralement élaborées et mises en œuvre. Inconsciemment mais inexorablement, chaque génération intériorise les valeurs parentales, qui définissent les rapports humains élémentaires : parents/enfants, frère/frère, frère/sœur, sœur/sœur, mari/femme. 

La puissance du mécanisme reproducteur vient de ce qu’il peut se passer de toute formalisation consciente et verbale : il est automatique, infralogique. Donc, la famille est le premier lieu de socialisation qui produit les valeurs humaines. 

La famille algérienne

En Algérie, la famille en tant qu’institution a une importance considérable, celle-ci intervient de multiples façons dans la vie de chaque individu. Dès que l’on aborde la question de la famille, on suscite toutes les passions car on pénètre inévitablement dans le domaine du privé, de l’intime, du sacré. La famille est importante même du point de vu institutionnel, l’Etat lui accorde une place importante dans le domaine du droit, elle constitue le socle de base du code de la famille algérien. Selon l’article 2 de ce dernier : « la famille constitue la cellule de base de la société, elle se compose de personnes unies par le mariage et les liens de parenté ».

Fonder une famille en Algérie ne peut être envisagé que dans le cadre du mariage. Ce dernier est considéré comme un accomplissement social et le seul moyen de fonder un foyer familial et d’accéder formellement à la vie sexuelle. En fait, pendant longtemps, le mariage était considéré comme un échange de femmes, une alliance de clan à clan, un système de parenté, non un couple à proprement parler comme ont peut le concevoir aujourd’hui. 

Jusqu’à l’indépendance la famille algérienne a gardé les caractéristiques fondamentales, héritage d’un fond anthropologiques ancestrale, que la colonisation a perturbé mais pas fait disparaitre. Cette famille dite traditionnelle, reposait sur un ensemble de caractéristiques : patriarcat, patrilinéarité, patrilignagérité, agnatisme, patrilocalité, et l’endogamie.  

  • Le patriarcat. C’est le pater familias, le patriarche qu’il soit père, grand père, oncle, grand frère, c’est la pater qui décide de tout. Il est marqué par la domination de l’aîné mâle sur la famille, la prééminence du sexe masculin. La prépondérance absolue aux hommes qui imposaient la soumission des femmes à la prépotence des agnats. La mère s’effaçait et les enfants et tous les membres de la famille devaient obéissance au patriarche dominateur, qui jouissait seul de l’autorité.  
  • Patrilinéarité (agnatisme).  Se définit quand, seul le père et non les deux parents est important dans la définition social d’un enfant. Le nom, les privilèges, l’appartenance à un clan ou à une classe se transmettent du père et des parents du père aux enfants ; aucun droit n’est reconnu aux parents du côté maternel.
  • Patrilignage. La présence d’un garçon assure la poursuite du lignage patrilinéaire. 
  • Patrilocalité. Le fait qu’une femme lors du mariage suis son mari et habite avec les parents du mari. 
  • Endogamie.  C’est la cohabitation des fils mariés et de leurs parents. Mariage fréquent entre les enfants de deux frères les cousins et cousines. Idéalement, la femme est une cousine, le beau-père est un oncle, chaque neveu est un gendre potentiel.  

Ces caractéristiques véhiculent deux valeurs principales dans la famille algérienne qui ont des répercussions direct dans la société : l’autoritarisme (sociétal et politique) et le communautarisme. Le patriarcat avec la prédominance de l’aîné dans le groupe engendre directement la caractère autoritaire avec son corolaire, l’honneur (Horma) dans les relations parents-enfants et hommes-femmes dans les familles algérienne. Les autres caractéristiques prisent d’une manière globale (endogamie,  la patrilinéarité, le patrilignage, la patrilocalité) engendrent l’esprit de solidarité tribale avec la gestion plus ou moins en commun du patrimoine familial d’où le communautarisme.  

Focus sur la femme algérienne

Personne ne peut nier l’importance de la femme dans toutes les sociétés. C’est la femme qui donne vie, qui assure la reproduction des humains et des sociétés. Partant du constat aussi que l’éducation des enfants est dans toutes les sociétés dévolue en priorité aux femmes « l’efficacité éducative d’un système familial serait déterminée par la force de l’autorité maternelle ». Ainsi, étudier la question de la place de la femme dans l’ordre social a pour finalité d’apprécier la mesure dans laquelle le vécu et la fonction de la femme au sein de la famille peut influencer les transitions démographiques et modifier les mutations socioculturelles dans la société.

Dans la société traditionnelle algérienne, la femme est au cœur de la structure familiale et constitue probablement son nœud gordien. C’est la femme qui permet de faire famille et c’est elle qui est la gardienne des valeurs (principalement la Horma)  et qui assurent leur transmission aux enfants. Mais aussi, cette femme traditionnelle était soumise à l’homme, forcée de le nourrir, de l’entretenir, de veiller sur ses enfants, puis de faire l’amour avec lui. Elle dépendait de ses revenus. Elle n’avait pas le droit de parcourir l’espace public, de prendre part aux activités économiques, sociales ou politiques. Nous allons explorer la place de la femme dans la société traditionnelle à travers différents rôles au sein de la famille. 

  • Le mariage : 

Le rôle social de la femme s’accomplit avec le mariage, l’acte fondateur du couple. Aussi, le mariage est le seul cadre toléré par la société pour la pratique sexuelle. Exclu de l’espace public, la femme ne se réalise pleinement que dans le mariage et l’appropriation de la procréation.

Le mariage était considéré comme un échange de femmes, une alliance de clan à clan, un système de parenté, non un couple à proprement parler comme ont peut le concevoir aujourd’hui. Le clan familial se fait un honneur de donner à d’autres clans des femmes qui assureront la pureté de leurs nouvelles lignées généalogiques ; et, évidemment, en retour, il attend que les clans avec qui il entre en alliance lui fournissent des femmes qui assureront la descendance dans les conditions sociales de l’honneur. D’où l’obsession de la virginité de la jeune femme à marier, par le contrôle direct par les tuteurs de leur sexualité dans le but d’assurer la légitimité de leur descendance, seule garante de la patrilinéarité. L’homme pour assurer sa descendance et garder le pouvoir, doit avoir une descendance, masculine de préférence, et en plus il doit être certain que cette descendance, qui est à lui et bien de lui. Aussi, l’homme doit s’assurer après le mariage que les enfants de sa couche sont bien ses enfants biologiques et la seule manière qui existait dans la société traditionnelle était la surveillance permanente de l’épouse.

  • La virginité :

L’exigence de virginité des filles au moment du mariage exclut théoriquement les rapports sexuels prénuptiaux. Le souci de sa protection aller se traduire par un cloisonnement rigide entre les sexes, ou le seul regard pouvait prendre consistance de délit. Les femmes du groupe étaient investies du devoir de préservation de la virginité des filles. Ainsi, la jeune fille doit arriver vierge au mariage ; pour les parents, l’intégrité physique de la jeune fille est un sujet d’inquiétude. La perdre causerait le déshonneur de la famille tout entière, et entraînerait pour elle des conséquences extrêmes. Elle reste sous l’autorité et la tutelle des hommes de sa famille jusqu’au transfert « intact » dans la famille de son époux. Alors seulement, l’honneur est sauf.

  • L’honneur (Horma)

La virginité de la fille était donc indissociable de l’honneur de la famille, aussi faisait – elle l’objet d’une hyper valorisation. La répression de la sexualité féminine était légitimée par les valeurs dominantes, telles que l’honneur de la famille ou du clan, dont la transgression conduisait souvent à des crimes. C’est donc à elle, jeune fille, l’être le plus diminue, à qui incombe la responsabilité de l’honneur du groupe qui est fondamentalement liée à sa vertu, à sa virginité. Le lien puissant qui existe entre l’honneur familial et là virginité prénuptiale des filles, gardait toute sa force et ce, quel que soit le statut scolaire où professionnel auquel il n’ait pu accéder.  

Dans ce type de société, reposant sur le don et le contre-don défère de femmes qui permettent de nouer des alliances pour la préservation des intérêts du clan ou de la fraction tribale, une femme célibataire représente un danger permanent pour cet honneur et ce prestige. En effet la femme dans la société traditionnelle était cloîtrée au milieu urbain, en revanche en zone rurale la forte dispersion de l’habitat, lui donnait plus d’attitudes pour se mouvoir en d’hors de l’espace domestique même ce dernier cas la femme n’échappait pas à la surveillance du groupe familial ou du clan.

  • Fécondité 

La femme offre à son mari de lui donner une descendance, en compensation elle est doté et entretenue. La société étant fondée sur une conception de patrilignage, l’échec de la première maternité en mâle est mal perçu, car la présence d’un garçon assure la poursuite du lignage patrilinéaire. La femme a besoin donc d’un fils, de préférence qu’il soit l’aîné, car la maternité mâle accroît la probabilité pour cette dernière de se fixer dans la famille du mari. La stérilité (indubitablement imputé à la femme) était là négation même de son statut d’épouse, justifiant la répudiation à sens unilatéral.

  •   Cloisonnement dans l’espace privé et absence dans l’espace public : 

Pendant longtemps, le femme était cantonné dans l’espace domestique, privée de tout rôle dans l’espace public, néanmoins sa place est prépondérante dans l’espace privé, par sa fécondité, c’est elle qui assure la reproduction de la famille, gardienne des valeurs traditionnelles qu’elle doit préserver pour les transmettre vers la descendance. Aussi, l’exclusion de la femme de l’espace public réduisait les possibilités de rencontre entre les deux sexes et par suite diminuer les tentations qui pourraient résulter de l’attirance sexuel qui pourraient s’exercer les uns sur les autres.

  • Soumission à l’homme et à la famille

Dans la logique de la préservation de la Horma et du sauvegarde de l’honneur de la famille, les filles faisaient l’objet d’une véritable éducation dont l’objectif était la pudeur extrême, la soumission, là docilité et l’effacement dans le respect de et là crainte des hommes.

Le contrôle des femmes était favorisé par un système matrimonial à mariage précoce. Ce dernier, décharge les parents de la nécessaire surveillance. Considérés comme une charge économique, un danger pour l’honneur familial, toutes les filles dès l’âge de la puberté étaient mariables et la société en l’absence du libre choix du conjoint se charge d’assurer le mariage le plus précoce possible. 

Au moment du mariage, il y a transfert de ce contrôle de la famille de la femme au mari et à la famille de ce dernier. Or, qui est mieux à même de l’assurer que la mère du mari ? Cette fonction de surveillance exige une relation de subordination dans tous les domaines entre les deux femmes au profit de la belle-mère ainsi qu’un rapport hiérarchique dans l’organisation du travail domestique. Dès leur première enfance les filles sont préparées à cette situation par un « dressage systématique. La mère s’emploie donc à mettre sa fille à l’école de la soumission, à la contraindre, à mater sa personnalité, à en briser toutes les velléités d’indépendance.

L’organisation de la famille élargie est telle que la belle fille ne doit pas défier sa belle-mère, elle doit s’effacer devant elle et lui faire obéissance. Il y a dans les rapports belle- fille / belle- mère, une dimension d’âge qu’il faut considérer dans les statuts évolutifs des femmes. Deux groupes de générations s’affrontent : les jeunes et les moins jeunes. Les premières subissent les valeurs patriarcales et les dernières en sont les garantes et en tirent des pouvoirs. Le statut des femmes et leur rôle dans la famille est ainsi fonction de leur âge. Cette dynamique commence au lendemain du mariage où la femme se voit confier le rôle d’épouse, ensuite le rôle de mère et enfin un rôle de belle-mère et éventuellement de grand-mère. 

  • Domicile conjugal

Ce sont les femmes qui changent de domicile à l’occasion de leur mariage : elles quittent la maison parentale et rejoignent celle du mari et le plus souvent de la belle famille, subissant alors directement toute une transformation de leur mode de vie : nouvelles conditions économiques, sociales, démographiques et relationnelles. Un nouveau rôle les attend alors : celui de belle fille, l’étrangère qui va devoir s’intégrer et se socialiser à « sa nouvelle famille » qui ne manquerait pas de lui rappeler sa nouvelle appartenance. Dans un tel contexte social il est évident que la résidence dans la famille étendue, ne favorise pas le rapprochement des conjoints et l’établissement de rapports égalitaires au sein du couple. Sur le plan des relations et des liens sociaux avec la belle-famille, il est fort probable que la femme n’aura pas les mêmes conditions d’indépendance au niveau du couple ou même au niveau de la famille élargie qu’une autre femme qui habiterait une maison séparée. Le contrôle des aînés sur la vie des jeunes couples est plus grand et contribue fortement à la restriction de leur intimité, à la limitation de leur marge de décision en tant qu’unité familiale indépendante. La configuration et l’organisation domestique des unités familiales sont alors de vrais indicateurs de la place inégale entre hommes et femmes dans la société traditionnelle

Habitat traditionnel

L’environnement bâti traditionnel est, essentiellement, la manifestation d’un groupe. Il est le résultat d’un code social collectif répondant aux besoins de base, un abri pour assurer le bien-être physique, bénéficiant d’un confort satisfaisant, sécurisant, tout en répondant au respect commun de la société et à la préservation de son environnement naturel. La maison est le centre de la société; un espace bâti dans lequel toutes les fonctions de cette même société se mélangent et se représentent. La maison est une unité sociale et économique au sein de laquelle la disposition des nombreux espaces est intimement liée à la structure de la famille et à son mode de vie. La maison constitue une synthèse des nombreux facteurs contrôlant leur organisation sociale et physique; ils répondent aux impératifs socio-culturels et économiques qui sont les caractéristiques d’un groupe social. L’architecture traditionnelle du peuple amazigh est une adaptation personnelle d’une solution de groupe. Les maisons érigées par une société particulière sont d’un style élaboré en commun depuis plusieurs générations. L’habitat traditionnel est la forme de vie la plus simple, une leçon profonde, élaborée avec des matériaux et des techniques locales, exprimant les valeurs et les cultures de la société amazigh traditionnelle. 
 
Pour mieux comprendre l’habitat, il est impératif d’en appréhender tous les aspects.   
 
L’une des caractéristiques les plus marquantes de ces établissements est l’unité singulière de leur forme architecturale. La maison, aux façades simples, presque aveugles, de hauteur limitée, est un volume fermé sur l’extérieur, sans fenêtre, elle prend la lumière à partir du wast ed Dar ou afrag qui  remplit aussi la fonction de «cheminée» de ventilation. 
 
Pour les maisons de la Casbah, elles sont généralement élevées d’un rez-de-chaussée plus un étage avec un stah (terrasse). skiffa, vestibule, peu éclairé, Wast eddar : (milieu de la maison) la maison traditionnelle s’organise autour d’un wast ed Dar, espace central avec une circulation périphérique appelée shin (galerie à arcades entourant wast el Dar), appelée aussi M’kadma.
 
Pour les maisons kabyles, Taqaât pour les hommes, Addaynin en bas pour les animaux, Taâricht en sous pente en tant que de réserve à provisions ou d’une éventuelle chambre. .
 

 Après l’indépendance du pays en 1962, ces grandes familles se sont divisées et se sont installées ailleurs ; les maisons traditionnelles sont maintenant occupées par plusieurs locataires, ayant chacun comme espace familial une pièce unique.

Dans la maison traditionnelle, la cohabitation est vécue sur le mode de la parenté (on appelle les voisins « ammi », « khali » (mon oncle) ou encore « djeddi » qui signifie grand-père

En effet, la structure ou l‟organisation familiale des villages kabyles qui est caractérisée, en particulier par la coexistence et le rassemblement dans un même lieu d‟habitation de plusieurs générations et membres de la communauté, formant ainsi une famille élargie avec une forte cohésion naturelle

La religion

Dans toutes les sociétés traditionnelles, la religion est l’élément qui structure la vie de l’individu. La religion définit le cadre de la vie sociale en instituant certains interdits et certaines pratiques en organisant la vie de l’individu dans son espace privé dans sa relation avec l’intime, et aussi dans sa relation avec les autres dans l’espace sociale, dans l’espace public. Ainsi la religion intervient dans la vie de l’individu pour répondre à deux questions fondamentales que l’homme s’est posé depuis l’apparition de l’homosapien. Celles liées à son existence, la dimension privé de l’existence, les questions métaphysiques : le sens de la vie, la vie après la mort …aussi les questions liées à l’organisation de la vie dans le groupe, se sont les questions liées à l’éthique :  comment vivre ensemble, comment organiser la société, comment réguler les conflits, comment punir ..

Donc dans sa dimension privé, au sens large donc, la religion a pour objet d’établir et de cultiver un lien entre l’individu et un être supérieur et transcendant, c’est à dire le fait que tout être ou toute chose dépend d’un principe extérieur, situé « au-delà ». Cette transcendance peut être matérialisée par la croyance en un Dieu ou pas (il existe des religions sans Dieu, comme le Bouddhisme). In fine, c’est la croyance en une vérité révélée et une quête du mystère de l’existence. Au sens restreint, la religion édicte des impératifs moraux, des valeurs, des pratiques rituelles et des croyances communes qui permettent de fonder les sociétés et de les maintenir. Elle participe ainsi à la cohésion sociale, à la création d’institutions sociales plus ou moins organisées et intégrées, s’appuyant sur des croyances ainsi que sur des pratiques rituelles. Ce qui distingue les règles et les croyances religieuses est le caractère dogmatique. Chaque religion possède son propre dogme, c’est-à-dire sa propre vérité. C’est la vérité sacrée et absolue, indiscutable, trait fondamental qui sépare la religion de la philosophie.  

Ainsi dans la société traditionnelle algérienne, comme toute les sociétés traditionnelles, la religion occupe une place centrale principalement dans l’organisation de la vie de l’individu pendant des millénaires. La religion algérienne trouve son origine dans le fond de l’histoire, sous formes de croyances primaires, des formes plus élaborées comme les mythes ou des religions avec des rites et des pratiques formalisées développées localement, ou qui été influencées ou empruntées au fil du temps par le contact avec d’autres peuples et d’autres religions ce qui a crée un syncrétisme original de la religion nord africaine.

Un des éléments, des plus importants dans la pensée amaziɣe comme dans celle de la Méditerranée en générale, est l’importance du groupe ou du clan humain en ce monde et dans l’autre. Les morts et les vivants sont tellement mêlés dans la vie quotidienne, associés aux mêmes gestes et au mêmes rythmes, qu’il est difficile de dire si les morts sont encore liés à leur clan terrestre, ou si les vivants participent encore où déjà au plan des choses de l’invisible. Donc, tout au long de l’histoire de l’Afrique du Nord, il y a un attachement considérable au culte des morts à travers le culte des saints, avatar supérieur de culte des ancêtres, qui s’est maintenu à travers le christianisme et l’islam. C’est à lui que l’on doit la multiplication des petits édifices, connus maintenant par les Zaouias, Lamkam ou Kouba.   

Structures sociopolitiques

Le système politico-social traditionnel en Afrique du Nord est basé sur la tribu et les confréries religieuses. Ce système est fondé sur une décentralisation complexe permettant la coexistence des foyers de pouvoir au niveau local, décentralisés se gérant eux-mêmes sous différentes formes de communauté villageoise (thajmath, 3arch), ou confrériques au tour des Zaouias, dans le de la prise en charge des besoins politiques et sociales des populations.

(agraire et tribales de la population à majorité nomades et semi-nomades)

Ce système était le socle d’organisation social et politique de tous les Etats Nord africains depuis l’antiquité à partir du premier Etat Numide sous l’impulsion de Massinissa, en passant par les Etats amazigho-musulmans (Rostomide, Ziride, Zianide …) de la période classique mais aussi au niveau de la régence d’Alger pendant le moyen d’âge avant de s’effondrer et commencer à disparaitre avec l’occupation française et sous l’effet des politiques publiques et économiques l’Etat moderne algérien post-indépendance.

La société villageoise ou tribale ancienne doit sa cohésion à l‟organisation structurée et à la hiérarchisation de la communauté familiale, ainsi que le respect des valeurs et règles de conduite sociales transmises par les précurseurs. Chaque famille est un chaînon d‟une collectivité qui prend soin de ses composants. En effet, la reconnaissance et l‟attachement aux valeurs sociales par chaque famille concoure à la pérennité même de la collectivité. Par conséquent, dans les sociétés tribales anciennes, la représentation ou la conception de la famille n‟est plus loin de celle des sociétés modernes (occidentales).

  • Tribus

D’un point de vue historique, une tribu consiste en une formation sociale existante avant la formation de l’État algérien au sens moderne. L’Afrique du Nord a connu une société tribale, divisée sur  plusieurs segments qui tracent et désignent leurs descendances agnatiquement, c’est-à-dire selon le modèle patrilinièaire, à résidence patrilocale dans le quel les moyens de survivance (terres, pâtures, cheptel…) se transmettent  en lignée agnatique. Ainsi, plusieurs clans familiaux vivant sur un même territoire qui créer des liens de solidarité. 

Chaque tribu est constitué par différents segments qui tracent et désignent leur descendance agnatique ment, C’est à dire selon le modèle patrilinéaire virgule à résidence patrie locale virgule dans lequel les moyens de production terre pâture cheptel sous se transmettre enlignait agnatique. Un tel système social segmentaire est constitué par une multitude de microstructures, représentant différents segments et sous segments tribaux ayant la double caractéristique d’être homogène et semblable.

Il y avait deux différents types d’organisation tribale dans le Maghreb précolonial. Dans le premier cas, plusieurs villages habités par des agriculteurs sédentaires formaient une tribu, ou «arsh» en berbère. Chaque tribu descendait d’un ancêtre mythique commun. Elle possédait un territoire commun déchu également appelé «arsh». La tribu était dirigée par un chef militaire (‘amin ul-‘umana’) élu chaque année par le conseil des anciens, appelé jema’a, qui était composé de représentants des villages. Il représentait le plus haut pouvoir judiciaire de la tribu. Pendant les guerres et les troubles politiques, de nombreuses tribus ont formé des coalitions militaires et politiques appelées taqbilt. Ce type d’organisation tribale a été observé dans des villages berbères de type Kabylien et Rif. Des groupes semi-nomades et des fermiers sédentaires récents formaient des tribus avec les mêmes attributs tels que la terre commune (‘arsh), le chef militaire et parfois le conseil des anciens (tajma’at). Mais son unité sociale de base était la faction (harfiqt en berbère, et ferqaen arabe dialectal) composée de sous-factions, qui à leur tour comprenaient plusieurs lignées, et non un village. Ce type de tribus était connu des Berbères des institutions tribales d’Aures et les pratiques jouaient un rôle supplémentaire dans la vie du village. Ils ont protégé la société villageoise des invasions extérieures destructrices. Dans la période précoloniale, la tribu n’avait pas d’administration permanente. Les jema’a et les tajma’at tribaux ne sont pas intervenus dans les affaires intérieures des communautés villageoises. Le sentiment de solidarité tribale des villageois était très rarement mobilisé en cas de guerres, de rébellions et autres catastrophes importantes. Le village berbère faisait partie de communautés sociales et politiques plus larges. 

Dans la plupart des établissements berbères, les maisons sont construites très étroitement. Dans la vie de tous les jours, le rôle de la famille et de la lignée l’emportait sur celui de la tribu. La solidarité tribale a renforcé la solidarité commune villageoise. Les liens de lignage supplémentaires forment de nombreuses nouvelles relations entre les ménages et les individus. Il est à noter que la conception paysanne de la tribu s’est construite sur la notion de famille, comme celle de clan et de village. C’est pourquoi les noms des tribus berbères incluent la notion «enfants, descendants» (ayt et uld en berbère et beni en arabe dialectal). Ce type d’organisation sociale et politique Berbère a provoqué une segmentation politique de la société locale. Mais, d’autre part, il lui a donné une forte autonomie intérieure, basée sur les institutions sociales et politiques locales.

  • Zaouias

En Afrique du Nord, les zaouïas, زاوية et Tiɣmart (Tiɣmarts au pluriels) est le nom originel en Thamazight. Terme polysémique, il peut désigner un lieu de culte, sous la forme d’un tombeau isolé, souvent établis pour rendre hommage à un saint, ou un homme pieux vénéré. Ce peut être aussi, un petit complexe de vie religieuse et sociale. Il peut désigner aussi des réseaux qui peut renvoyer aux  confréries ou au maraboutisme. Il arrive que par un échange compréhensible, le confrérisme prenne appui sur des marabouts et les marabouts sur une confrérie.  

Les Tiɣmars – Zaouïas  sont d’origine amazighs. Ils plongent leurs racines dans la profondeur historique culturelle et cultuelle nord africaine. Elles sont nées et sont liées à la religion autochtone et populaire des peuples d’Afrique du nord, une religion propre auxquels se sont greffés les différentes religions paganistes (égyptienne, cartaginoise, romaine, …) ou révélées qui se sont implantées ça et là, comme le judaïsme, le christianisme, et l’islam qui ont dû se soumettre pour créer une forme d’un syncrétisme religieux, qui n’accepte les idées nouvelles que dans la mesure où elles s’adaptent en faisant place à l’existant.  

Les Tiɣmars – Zaouïas sont respectées et même vénérées par les fidèles qui ne se posent guère de questions sur leur fondation et leur histoire, sur la réalité du pieux personnage en hommage auquel elles ont été construites et dont elles abritent parfois le tombeau. Ils constituent un repère pour les hommes cramponnées à leur terre, au tour d’un ancêtre commun, invisible, protecteur. La croyance populaire attribue aux tombeaux des saints, par-delà les siècles, des pouvoirs mystérieux. On parle du culte des marabouts, ce saint qui y repose peut étendre sa grâce (baraka), ses pouvoirs bénéfiques, sur les fidèles qui l’invoquent (consolations, guérisons). De ce fait, ils jouent un rôle important dans les sociétés nord-africaine dans les différents aspects de la vie de l’individu : rôle social, éducatif, religieux, culturelle et politique et ce depuis la nuit des temps. 

  • Rôle social comme  l’aide aux nécessiteux, le développement de la solidarité sociale, de résoudre les conflits. 
  • Un rôle religieux: elles avaient comme objet l’enseignement du Coran, 
  • Politiquement, les zaouïas étaient un enjeu de pouvoir et ce depuis des siècles, et ce, malgré leur marginalisation après l’indépendance. 

Modèle économique traditionnel

La famille élargie avait non seulement une demeure commune, mais aussi une activité économique commune. Tous les membres, et plus précisément les hommes de la famille, s’occupaient en commun du travail de la terre, de l’artisanat, ou du commerce

Il est connu, que les parents dans cette famille communautaire, et notamment en milieu agricole, désiraient avoir beaucoup d’enfants de sexe masculin, pour trouver en eux, une aide dans leur activité économique, et pour constituer un support à leur vieillesse, lorsque leurs forces auront décliné. Cette organisation économique de la communauté familiale, correspondait à ce qu’on appelle l’indivision, ou l’obligation de maintenir dans son intégrité et sa totalité, le fondement économique familial. Le plus souvent, ce bien communautaire est la terre. Le territoire, ou la parcelle agricole, est transmis ancestralement d’aïeul en grand-père, comme bien familial. La terre représente une sécurité de long terme pour la famille, elle lui garantit la sécurité économique, et permet à la communauté familiale de se perpétuer de façon autonome, de génération en génération. L’économie d’autosubsistance, permettant à la famille de satisfaire ses besoins par sa propre production, confirme la tendance de la famille communautaire à fonctionner de manière autonome, au sein même de la communauté villageoise ou campagnarde

L’héritage de l’ensemble des biens, fonciers, meubles et immeubles, se faisait de façon indivise. L’héritage était transmis collectivement à l’ensemble des membres du groupe familial, il ne pouvait être divisé que pour les raisons graves et exceptionnelles. Le bien familial restait donc complet, mais, par contre, la responsabilité familiale était individualisée. Puis, la famille communautaire a été déplacée (par l‟occupant français) par la force, en dehors de sa base de vie permanente, la terre, et en dehors de son organisation économique ancestrale. Ce déplacement lui a fait perdre la logique de son organisation familiale et sociale normale. Les groupes sociaux déracinés ont continué à fonctionner sur la base de l’organisation communautaire ancestrale, mais ce type de fonctionnement social, ne correspondait plus aux conditions nouvelles objectives du milieu.

Depuis les lois coloniales de 1863, supprimant la propriété collective et visant à la dislocation de l’indivision. La colonisation a gravement influé sur l’évolution de la société et de la famille dans le pays. Cette colonisation a été extrêmement brutale, meurtrière et spoliatrice. La famille perd son assise territoriale et son fondement économique indivisible, la terre entièrement accaparée par les colons. Il semble que les unités sociales communautaires ont continué à se restructurer aux abords de leurs territoires perdus, aux flancs des montagnes, ou dans les montagnes mêmes. Ce qui était une première forme de résistance passive. Le réflexe social était alors de garder ses valeurs, sa religion, ses pratiques, ses formes de culture, ou ce qui pouvait en rester.

Dans l‟espace urbain, le mode de fonctionnement économique classique de la communauté familiale villageoise, fondée sur l‟indivision et l‟autarcie (l‟autosubsistance) se dissout et le rôle productif se retire de l‟entité familiale.

Modèle d'instruction traditionnel

L’éducation existait dans la société traductionnelle précoloniale contrairement à ce que penser les défenseurs de la colonisation, elle avait un caractère hé purement essentiellement religieux, elle était il était centré sur la connaissance du Coran et de la loi de l’islam selon les différentes écoles juridiques. Hé le système éducatif comprenait un enseignement du premier degré (timamarth en Kabylie), principalement dans les zaouïas. hé un enseignement de hé 2nd degré donner madrasa à un enseignement du 3e degré assimilé à l’enseignement supérieur dans les mosquées de la zitouna en Tunis al karian à face Carolina face Au Maroc il y a le hasard au Caire en Égypte. les durées d’apprentissage dans les différents degrés n’étaient pas fixés réglementairement, elle dépendait de la capacité des élèves et des moyens financiers des parents

hé le cœur de l’enseignement dispensé dans ses institutions était constituées principalement par les études religieuses, secondairement par les études linguistiques morphologie saf syntaxe nao, lexo graphie loha retorica Bayern littérature Adobe et subsidiairement par celui des sciences arithmétique l’astronomie point cet enseignement à perduré dans durant toute l’après la période précoloniale avec des tentatives de réforme pour l’adapter aux besoins des sociétés dès le début du de    hé Hé hé

La culture et l'art

L’éducation existait dans la société traductionnelle précoloniale contrairement à ce que penser les défenseurs de la colonisation, elle avait un caractère hé purement essentiellement religieux, elle était il était centré sur la connaissance du Coran et de la loi de l’islam selon les différentes écoles juridiques. Hé le système éducatif comprenait un enseignement du premier degré (timamarth en Kabylie), principalement dans les zaouïas. hé un enseignement de hé 2nd degré donner madrasa à un enseignement du 3e degré assimilé à l’enseignement supérieur dans les mosquées de la zitouna en Tunis al karian à face Carolina face Au Maroc il y a le hasard au Caire en Égypte. les durées d’apprentissage dans les différents degrés n’étaient pas fixés réglementairement, elle dépendait de la capacité des élèves et des moyens financiers des parents

hé le cœur de l’enseignement dispensé dans ses institutions était constituées principalement par les études religieuses, secondairement par les études linguistiques morphologie saf syntaxe nao, lexo graphie loha retorica Bayern littérature Adobe et subsidiairement par celui des sciences arithmétique l’astronomie point cet enseignement à perduré dans durant toute l’après la période précoloniale avec des tentatives de réforme pour l’adapter aux besoins des sociétés dès le début du de    hé Hé hé

Les valeurs traditionnelles de la société algérienne

Les structures sociales principalement la famille sécrètent des valeurs qui se diffusent dans toute la société. Le rapport à l’autorité ou à la liberté, la prééminence du groupe sur l’individu qui servent de modèle aux relations politiques sont acquises d’abord dans la structure familiale. En Algérie, la famille traditionnelle  avec ses caractéristiques, principalement le patriarcat, l’endogamie et la patrilinéarité produit deux valeurs éthiques qui se diffuse dans la société : l’autoritarisme à travers le patriarcat et la patrilinéarité et le communautarisme à travers l’endogamie. Ces deux valeurs sont le socle du système socio-politique traditionnel, bâtie sur la tribu et les confréries religieuses. La tribu se présente alors comme un ensemble de parents en ligne patrilinéaire, fortement masculine, la confrérie religieuse se construit sur la sacralité de l’ancêtre principalement masculin, les deux lié par l’endogamie qui peut agir comme une personne collective mobilisable pour divers objectifs. 

Emprise ou contrôle familial par les plus âgés, interdépendance et entraide lignagère ou obligation morale de mutualité et de solidarité intergénérationnelles, sont plus particulièrement des qualités (forces) morales et des règles de référence à l‟origine de la formation des systèmes familiaux tribaux en Kabylie. Le mode de fonctionnement et de constitution des sociétés villageoises ont sérieusement dressé l‟importance des membres aînés, responsables et gardiens des formes de conduite et des valeurs sociales. Dans ces communautés familiales gérontocratiques, les foyers familiaux sont composés d‟un certain nombre de générations, à la direction desquelles existe habituellement un chef (patriarche) qui concentre les richesses et possède les facultés décisionnelles à l‟intérieur de lignage ou de la communauté intergénérationnelle. L‟ensemble des affiliés (apparentés) de la communauté familiale ont le devoir de rassemblement auprès de l‟ascendant (patriarche) à l‟égard duquel ils ont l‟obligation impérieuse de considération et de mérite. En échange, ce dernier leur attribue ses faveurs, et ses approbations, structure leur mobilité sociale. En réalité c‟est celui-ci qui prend la responsabilité temporelle et les mécanismes fonctionnels des dynamismes sociaux pour chaque descendant. Sa reconnaissance, son acquiescement et son engagement sont de ce fait nécessaires pour la promotion de chaque membre à l‟état matrimonial (conjugal), au droit foncier ou aux mouvements de déplacements (interne ou externe). Idem pour les descendants qui ont eu à constituer d‟autres unités familiales, après les alliances, restent la plupart du temps dans le foyer familial paternel dans lequel ils participent à la fabrication et au rassemblement de richesses partagées. Par cette logique de domination ethnique, un engagement ou un échange est de cette manière institué entre les aînés ou chefs de ménages porteurs de moyens et facultés économiques, culturelles, religieuses et

sociales, et les cadets ou les descendants qui détiennent la capacité de production, par contre dans le changement ou la mobilité sociale découle au gré de la détermination et de l‟intention des aînés. Disposer de plusieurs enfants peut aussi former un atout pour les familles montagnardes, spécifiquement pour celles qui se livrent aux activités agricoles extensives, générateur de main d‟œuvre, une progéniture considérable continue malgré tout à certifier le temps futur, cependant, avec la suprématie éminente du salariat professionnel, les différences entre les familles des villages et celles des villes tendent à s‟accentuer. Dans le même temps et parallèlement à ces responsabilités et fonctions économiques des groupes familiaux villageois anciens, la communauté familiale d‟antan s‟occupe aussi d‟autres rôles spécifiques ; parmi eux, la fonction de socialisation, c‟est-à-dire la responsabilité de formation et d‟initiation aux pratiques ainsi que la préparation aux usages habituels, aux fondements des conduites et des valeurs de l‟entité familiale et sociale de dépendance, de façon que l‟enfant soit en mesure de s‟‟intégrer adéquatement à la collectivité. Cette socialisation qui se fait surtout de manière intentionnelle (avertissements impératifs par rapport aux règles communes à respecter, reproches, peines infligées pour une faute…) est autrefois beaucoup plus éminente que les établissements d‟enseignement scolaire publics ou privés qui eussent été à une grande distance d‟être à la portée des villageois. La famille traditionnelle tribale procure à ces éléments une certaine garantie physique et psychologique, il n‟en forme pas moins la justification d‟une entraide et d‟une cohésion familiale, et par suite, pour les membres, une sorte de mise à l‟abri ou d‟une protection familiale, à l‟exemple des solidarités intergénérationnelles. L‟entité familiale d‟autrefois prenne en charge de même la fonction de l‟organisation et de la régulation des mariages.

Autoritarisme

L’autoritarisme peut désigner aussi bien un comportement individuel que le mode de fonctionnement d’une structure politique. Dans les deux cas, l’autoritarisme consiste en une prééminence, une hypertrophie de l’autorité, érigée en valeur suprême. Cette valeur avant qu’elle soit un mode de gouvernance politique, peut être considéré comme une valeur humaine qui trouve sa source dans les rapports entre les membres d’une même famille. 

Comme déjà souligné plus haut,  l’une des caractéristique principale de la structure familiale traditionnelle en Algérie est le caractère patriarcale. Ce dernier, donne au mâle (l’aîné ou le patriarche) une prédominance dans la gestion des affaires de la famille. L’enfant acquiert à travers les « rapports humains » qu’il entretien directement et d’une manière inconsciente avec les membres de la famille, le sentiment de soumission à l’autorité du patriarche, et l’effacement de sa personne dans le groupe. Dans l’espace public, par effet de reflet, le sentiment d’obéissance à l’autorité du patriarche et la soumission au groupe connue dans la structure familiale va être reproduite comme valeur social ou politique.  

La violence symbolique suffit pour assurer « l’ordre et la paix» et faire respecter les normes sociales et les interdits religieux. Cette valeur autoritaire est intériorisé à des degrés divers par les membres de la famille et de la société; la communauté exerce en permanence les pressions nécessaires (en usant le plus souvent de la religion) pour obliger les récalcitrants à respecter l’autorité et à ne pas enfreindre les interdits.  

L’endogamie avec la multiplicité du nombre de mâles dans la famille élargie qui peut avoir comme conséquence de partager et de diffuser le pouvoir entre les différents membres de la famille ce qui donne une prééminence pour le groupe au détriment de l’individu, ce qui donne à l’autoritarisme algérien un caractère diffus et non vertical.  

Au sein de la famille qui comptait encore 6 à 7 personnes en moyenne, le père, seul dispensateur du revenu – même si ce n’était pas que par son travail – disposait du pouvoir absolu, et les rapports entre les membres de la famille étaient caractérisés, suivant le système patriarcal, par l’hégémonie entre les frères cadets et l’aîné, et la soumission des femmes aux hommes. Aussi, le groupe de parenté intervenait-il, entre autres, dans le choix du conjoint de ses membres et dans les rapports entre les époux au sein de la cellule conjugale constituée. Dans la mesure où la procréation relevait de l’intérêt du groupe familial, celui-ci exerçait aussi une forte pression sur les femmes pour concevoir un nombre élevé d’enfants  

Le caractère autoritaire diffus introduit une attitude vis-à-vis de la liberté dans la famille : l’individu est soumis à un pouvoir que personne n’exerce. L’autorité n’est pas visible, elle n’est pas verticale incarné par une personne, elle est impersonnelle, elle n’est pas contestable, elle n’est pas monopolisé par un individu, elle ne s’incarne pas dans un individu faillible et critiquable elle peut être partagé par plusieurs personnes tous mâle dans le cas de la famille : grand père, père, oncle, grand frère;  

Cet aspect impersonnel, invisible, non vertical né dans la famille s’exporte vers la société et donne au régime politique son caractère autoritaire diffus. L’autorité est partagée par plusieurs foyer de pouvoir. Le président en Algérie qui a tous les pouvoirs formels, partage de fait l’exercice de l’autorité avec les autres cercles de décisions, le commandement de l’armée et le service de sécurité.  

Le même raisonnement peut être fait sur la valeur de l’égalité et sa non compréhension dans la société algérienne en général, car absente à la base dans les rapports frères et soeurs dans la famille. 

 

Le mode de constitution et de fonctionnement domestique adopte le mécanisme de la division du travail et de la dissociation de la sphère intérieure (domestique) entre les genres. Cette structure s‟avère de grand intérêt dans cette instance, parce que les liens qui s‟y passent ont pour finalité de favoriser un modèle de solidarité entre les membres de la famille (frères, cousins, sœurs, belles-filles, …). Les alliances consanguines d‟autrefois étaient très répondues au point où ces unions (notamment entre les cousins germains) constituent des ménages qui sont susceptibles de devenir plus denses et former ainsi des clans ou des communautés familiales de dimension importante. Pour ce qui est du choix de l‟époux dans ces groupes consanguins ne devrait en aucune façon aller au delà des frontières délimitées en fonction de la proximité géographique (villageoise ou tribale). Il est question ici d‟une certaine endogamie spatiale, qui est apte à donner lieu à un élargissement des liens de parenté consanguins. Le principe fondamental de l‟endogamie, dans lequel les époux sont obligés de contracter des mariages au sein de leur propre groupe et remplissent des échelles apparentées semblables, a prédominé durant un important laps de temps, et persiste à l‟emporter dans quelques communautés villageoises assidûment attachées aux habitudes tribales, épargnant par suite l‟éparpillement de l‟héritage (la propriété du patrimoine) en restreignant le choix du mari à la collectivité (groupe) voisine. Néanmoins, petit à petit c‟est la notion ou la loi d‟exogamie qui prenne la place dans l‟espace urbain et entreprendre à se fixer graduellement et durablement, autorisant les alliances matrimoniales entre les tribus et villages lointains, en se rapportant aux affinités libres.

Autoritarisme diffus

Le système tribal nord-africain caractérisé par une opposition équilibrée entre non seulement les tribus, mais aussi entre les différentes sections où segment qui composent la tribu. Par conséquent, il ne peut y avoir une autorité unique même à l’intérieur d’une tribu. L’autorité est distribuée à tous les niveaux des différents segments structurels. Le leadership politique n’est assumé que durant des situations qui exigent de la tribu et de ses segments constitutifs une action collective. C’est situations exceptionnelles ne peuvent se produire que pendant la guerre ou les négociations, soit avec d’autres tribus ambiante, soit avec une autorité étatique externe, qui pour ses propres raisons reconnaît la tribu comme une entité sociopolitique autonome où soumis autonome.

Communautarisme

Dans son sens premier, le tribalisme se réfère à la conscience de soi du groupe (tribal), au sentiment d’appartenance et d’identité sociale et culturelle. En Afrique du Nord le sentiment ou la valeur tribale trouve racine d’abord dans la famille communautaire et ses déterminants traditionnels : endogamie, patrilinèarité et l’agnatisme. 

L’endogamie qui favorise le mariage préférentiel entre cousins du premier degré dérive d’une hypertrophie du sentiment de fraternité, parce qu’il est un effet de la solidarité des frères, le mariage préférentiel entre cousins parallèles paternels. Un mariage endogame n’est pas déterminé par un individu mais par la coutume. Le cousin naît conjoint potentiel. L’idéal matrimonial échappe ici à la volonté des hommes. Ce mariage proclame la continuité du lignage masculin. l’endogamie, encouragée traditionnellement pour préserver le patrimoine foncier. 

Le caractère endogame du mariage affecte en profondeur les relations d’autorité dans la famille communautaire. Le groupe domestique reste tout-puissant, mais le père s’efface, remplacé par la coutume comme principe régulateur. L’absence de tout mécanisme centralisateur de l’autorité permet l’évacuation des tensions. Le mécanisme est auto-régulé, fortement organisé par la charpente familiale communautaire, qui minimise les tensions psychologiques et interindividuelles. La relation de filiation engendre une relation de fraternité qui engendre à son tour une relation matrimoniale. 

La famille autoritaire organise, c’est son but et sa fonction, une succession continue des générations, une permanence théoriquement infinie du groupe domestique. Par le système de patriléarité et l’agnatisme, le fils remplace le père, le petit-fils, le fils et ainsi de suite. Le pouvoir dans la famille est transmis ainsi, de père en fils qu’il ne monopolise pas, mais le partage avec les autres mâles de la famille, fratrie ou oncle. Dans ce contexte, Ibn Khaldun postule que le pouvoir (mulk) n’est pas fondé sur la cité comme dans la tradition grecque, mais sur le regroupement primordial (‘asabiyya) ou « groupe de solidarité particulière » : son essence est un lien « affectif », un lien du sang (silat-al-raham), familial d’abord et tribal ensuite. C’est ce que l’ont peut appeler esprit de corps, c’est à dire à la fois la solidarité des membres du groupe en principe égalitaire qu’est la tribu et le rôle dirigeant d’un certain nombre de grandes familles qui ne manquent pas de réclamer avantages et privilèges et de rappeler au souverain le principe de la solidarité. Une « solidarité mécanique », pour reprendre le vocabulaire sociologique, et non un rapport de citoyenneté dans un espace public. Si l’esprit de corps (assabiya) est très forte dans une tribu pour un objectif politique de défense ou de conquête, elle s’affaiblit vite une fois cet objectif acquis, du fait des rivalités qui se développent au sein de la tribu. En quelques générations, la dynastie connaît le déclin et tombe sous le coups d’une nouvelle tribu conquérante. 

Dans une thèse remarquable, intitulée « Clientélisme et corruption dans le système politique algérien (1999-2004) » et soutenue en 2004 à l’IEP de Paris, le politologue Mohammed Hachemaoui a inventé un concept remarquable qui résume à lui seul la réalité de la société algérienne « traibalisme sans tribus ».  En effet, cet esprit tribal persiste dans la société malgré la disparition physique des tribus, sous l’impulsion de la colonisation et la modernisation de l’Etat post indépendance. 

Le culte de l’ancêtre éponyme, devenu ensuite le culte du nom tout court, est un trait de la psychologie collective, motivant les comportements à l’intérieur et les attitudes et conduites à l’extérieur. 

Cette pratique religieuse a également la particularité de marquer à la fois l’individualisme et le communautarisme. En effet, se recueillir, prier, est un acte individuel, intime, en revanche, voir que tous le font sur le même lieu, envers le même saint, autour d’une foule de bougies allumées, montre que cette pratique est commune à bien d’autres personnes, ces dernières formant une communauté religieuse vénérant un même saint. Enfin, si la pratique est immatérielle, la statue, elle est bien matérielle et reste dans le temps, elle traverse les générations, ce qui crée un point d’attache pour les fidèles qui peuvent transmettre cette pratique de la vénération des saints aux futures générations. 

Références bibliographiques
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