Histoire de la Gauche en Algérie

تاريخ التيار اليساري في الجزائر

Word Art (1)

Période coloniale

La gauche algérienne peut être créditée d’une traçabilité dont les prémices remontent à l’époque du Mouvement national, une période de résistance à l’occupation coloniale.

Lorsque Messali Hadj, Belkacem Radjef et Amar Imache, créent l’Etoile Nord-Africaine en 1926, le signal de départ fut donné à la naissance d’un nouveau cadre d’action qui révolutionna l’échiquier politique nord-africain et remit, radicalement, en question les rapports de force entre le système colonial et les nations dominées, un mouvement d’envergure mondiale déclenché, en premier, en Inde et en Indochine.

Le Parti communiste en Algérie fut, d’abord, «l’annexe» du PCF, placé sous la tutelle de Robert Deloche, le donneur d’ordres de Paris, et ne s’autonomise qu’à partir de 1936.

Indépendance - Alger, Mecque des révolutionnaires

En ces années-là, Alger débordait des échos et des activités du PAIGC, du MPLA et du Frélimo des marxistes Amilcar Cabral, Agostinho Neto et Samora Machel, du PC espagnol antifranquiste de Santiago Carillo et Dolorès Ibaruri, des Coordinations ouvrières anti- fascistes de Camacho, des socialistes anti-salazaristes du Portugais Mario Soares, du Front national de libération vietnamien de Le Duc Tho et Nguyen Thi Binh, du MIR chilien et des Blacks Panthers d’Eldrige Cleaver. Et avant, de ceux des pablistes, lambertistes, krivinistes, maoïstes, castristes, guévaristes et anarchistes dont les mots d’ordre, les publications et les tracts produisaient une forte prégnance sur les jeunes lettrés de l’Université algérienne.

C’est dans ces réseaux interlopes liés aux Internationales que les premières cellules et plusieurs groupuscules – Organisation de la résistance populaire (ORP en 1965), qui deviendra le PAGS en février 1966, Le Comité de liaison des trotskystes algériens (CLTA 1971), qui va devenir en 1980, l’Organisation socialiste des travailleurs (OST), Groupe révolutionnaire (GCR, 1974), ,  – se formèrent, dans la clandestinité, au contact de ce melting-pot évoluant en vase clos.

Années 1960, 1970 et 1980

La gauche dans les premières années de l’indépendance était animée par des organisations d’extrême gauche d’obédience communiste, marxiste-léniniste (stalinienne) d’un coté comme  le Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS), le Parti de la Révolution socialiste (PRS), où trotskistes de l’autre avec le Comité de liaison des trotskystes algérien (CLTA) qui se scinda en deux mouvements le CGR (Groupe Communiste Révolutionnaire) et le l’OST (Organisation Socialiste des Travailleurs), ainsi que les organisations qui se réclament de la social-démocratie, le FFS. Ces organisations, même dans la clandestinité étaient en concurrence par apport au régime.

Pour l’anecdote, les miltants Trotsk’ystes, appelaient les militants du PAGS,  « pagsaille »  et ils les traitaient de serviteurs du pouvoir qui dupaient les « classes populaires. » Les « Pagsistes », eux, répliquaient que les « gauchos » n’étaient, le plus souvent, que des fils et filles de nomenklaturistes qui tentaient de donner un sens politique  à leur vie de petite bourgeoisie subjective et fractionniste.

 

Cette anecdote renvoie à deux conceptions du militantisme. Celle du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS) qui héritait, tant bien que mal de l’expérience du Parti Communiste Algérien mais aussi du mouvement national, était une vision  » classique », pas de « grand soir » à attendre mais utiliser toutes les possibilités disponibles y compris les contradictions au sein du pouvoir pour défendre des politiques (anti-impérialisme) et des mesures jugées positives (réforme agraire, gratuité de l’enseignement et des soins). A l’opposé, les gauchos n’étaient pas des « progressistes » mais des « révolutionnaires », des gens impatients de faire le grand saut et qui se moquaient de « l’étapisme » des pagsos. Les gauchos s’installaient dans un radicalisme sans conséquence, les pagsistes, eux, tentaient d’investir le terrain avec la politique du soutien critique: révolution agraire, écoles populaires, campagne d’alphabétisation, action syndicale.

 

Années 1990, 2000

La « décennie noire » (années 1990) a imposé définitivement dans la scène politique algérienne, le clivage conservateurs-islamistes contre républicains-progressistes, qui existait dès les premières années de l’indépendance,  mais pas d’une manière aussi frontale et tranchée. Le pouvoir a pu joué les équilibristes entre les deux courants pendant longtemps. Un fait nouveau est le pendant qui est venu se greffer à ce clivage déjà connu, qui est la dichotomie entre éradicateurs et réconciliateurs, les premiers  plaidaient en faveur et ont soutenu l’arrêt du processus électoral de décembre 1991, et les seconds étaient en faveur de la poursuite de l’expérience pluraliste. Ce débat non épuisé à ce jour, pollue l’atmosphère politique et empêche toutes discussions qui ne se positionne pas a priori sur le coup d’état de janvier 1992. 

Ce type de clivage, perturbe la cartographie des idéologies traditionnelles. Le primat de la lutte des classes ou, du moins, de la lutte contre les inégalités, par lequel la gauche se définissait, s’est ainsi effacé. Le camps adverse, c’est à dire le camps des islamo-conservateurs a prospéré aussi sur les thèmes des luttes sociales : la défense des plus faibles, les travailleurs, les pauvres, les sans-voix, même si les objectifs et finalités des deux camps ne sont pas les mêmes. Tandis que la gauche lutte pour conscientiser, mobiliser et organiser pour l’avénement d’un Etat socialiste sans classes, les islamos-conservateurs ont pour objectif de construire un Etat théocratique.

Le terrain de lutte s’oriente vers d’autres priorités et nécessite de prendre en compte la diversité linguistique et culturelle du pays, la place du religieux dans l’espace public et dans les institutions, la défense des droits humains, les droits de la femme (ou les droits des femmes), la liberté d’expression, la liberté de la presse et l’accès libre aux médias. 

A coté de ces questions d’ordre politiques ou sociétales, l’ère Bouteflika dans les années 2000 a crée une nouvelle division du champ politique, partisans ou opposants à Bouteflika qui a crée un clan et une caste, facilitée par la manne financière énorme qu’a connu le pays grâce à la rente pétrolière. 

La chute de Bouteflika et son clan en avril 2019, après l’énorme mobilisation dans la rue, ouvre de nouvelles perspectives. C’est la grande question qu’il faut se poser, la gauche retrouveras t-elle sa vocation d’être le moteur de la lutte pour dépasser le régime actuel et arriver à instaurer un Etat social ? 

Gauche révolutionnaire

C’est la gauche révolutionnaire qui se réclame du marxisme dans sa version trotskiste et de la 4éme internationale. 

Divisé entre les lambertistes et les pablistes. Les premiers rejetaient toute forme d’entrisme de crainte d’être corrompus par le système, incarnée par le Comité de liaison des trotskystes algériens (CLTA), crée en 1972, il devient lors de son Congrès en été 1980, l’organisation socialiste des travailleurs (OST) puis le Parti des Travailleurs en 1989. Les seconds, les pablistes, regroupés au tour du CGR en 1974, devenu PST en 1988, étaient pour une politique d’entrisme pour changer le système et les rapports de force de l’intérieur.

Gauche marxiste

C’est la gauche qui se réclame du marxisme.

Le représentant de ce courant est le MDS, le PLD et le PADS. Les trois avaient comme ancêtre le PAGS, lui même issu du PCA algérien. 

On peut rajouter aussi le PRS de Boudiaf.  

Gauche social démocrate

La social-démocratie est la gauche issue de la 2éme internationale (internationale ouvrière). Regroupé actuellement dans l’international socialiste ou le FFS est membre. 

Le RCD et le FLN ont demandé de rejoindre, mais le FFS a émis son véto. 

Références bibliographiques

المراجع الببليوغرافية

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