Histoire de l'islam politique en Algérie

تاريخ التيارالإسلامي في الجزائر

Racine De La Mouvance De L'islam Politique en Algérie

جذر حركة الإسلام السياسي في الجزائر”

Les Sources Endongénes المصادر الداخلية

Les sources extérieur المصادر الخارجية

Aux sources endogènes, s’ajoutent celles qui sont à répertorier à l’extérieur :

بالإضافة إلى المصادر الداخلية ، هناك مصادر تُدرج خارجيا:

Les frères musulmans, mouvement fondé en 1928 en Egypte par Hassan Al-Banna. Contrairement aux salafistes, les frères musulmans ont islamisé des conceptions politiques occidentales : la formation de partis ou de structures organisationnelles, la participation aux élections, l’accès des femmes à l’espace politique ou professionnel.

Les Frères musulmans prônent un islam globalisant, et veulent peser sur les débats internationaux, et s’attachent à développer un lobby susceptible de faire naître un « vote musulman » dans le monde.

S’il est, incontestablement, établi que la mouvance islamiste ne fut pas une création ex- nihilo, elle ne se distingue pas, non plus, par son homogénéité. Les sources et les apparentements énumérés, ci-dessus, recoupent les diverses tonalités qu’elle étale sur une gamme variée de chapelles qui vont de la plus radicale à la plus «modérée».

Le courant traditionnel, le mystisisme soufi

Les chefs maraboutiques, jadis dépositaires d’une tradition mystique, étaient à la tête des confréries religieuses (zaouiyas).  Ces confréries avaient une place important dans la société post coloniale. Ils étaient mis au frigo après l’indépendance, accusés à tort ou à raison d’être la survivance moyenâgeuse et d’avoir servi le colonisateur.

Après une traversée du désert qui durera quelques décennies, toléré sous Chadli, ils sont revenu au devant de la scène politique et social avec l’arrivée au pouvoir de Bouteflika. 

 

Les Oulemas

Les Oulémas sont ces algériens issus d’un savoir lettré acquis dans les zaouiyas algériennes puis en Tunisie et au Moyen-Orient, qui militent pour un islam réformé, épuré des pratiques liées au culte des saints et aux coutumes, pour retrouver le modèle des pieux ancêtres.

Au point de vue dogmatique ils sont disciples de Cheikh Abdo. Leurs mots d’ordre politiques sont pris auprès de Chekib Arslan, le grand organisateur du nationalisme arabe, en même temps qu’auprès d’Amin El Hoseini, l’instigateur du Congrès musulman de Jérusalem. C’est, en effet, à la suite de ce dernier Congrès qu’a été créée en Algérie, à la fin de 1931, l’association des ouléma, sous la direction de Cheikh Ben Badis. Le mouvement réunit des personnalités variées, qui forment, si l’on peut dire, une droite avec le célèbre prédicateur d’Alger, Tayeb el Oqbi, éloquent et conciliant; un centre, avec Ben Badis de Constantine et Bachir Brahimi de Tlemcen, tous deux bourgeois pan-arabes ; une gauche, tendant la main aux communistes ou à l’« Étoile Nord-Africaine », avec le Cheikh Zahiri, d’Oran, et Lamin Lamoudi. A cette pléiade s’ajoute un historien qui célèbre la gloire de la civilisation du Maghreb et l’imperméabilité de la race berbère aux envahisseurs, le Cheikh El Mili.

Après l’indépendance les Oulémas ont joué un rôle clé dans les rouage du pouvoir, soit par la participation direct au gouvernement, ou par la pratique du lobbying auprès des différents Présidents et différentes institutions de l’Etat. 

 

Les réformateurs

C’est le courant qui prônent la réforme et comment faire sortir l’islam de l’impasse pour le remettre dans le sens de l’Histoire. Il vise à élaborer une théorie pragmatique de la réforme de l’islam : pourquoi réformer ? Comment réformer ? Que réformer ? Qui est habilité à réformer ? Autant de questions cruciales que se posent les adeptes de ce courant. 

La figure emblématique du courant et le père spirituel, est incontestablement Malek Bennabi. Il est le penseur de la problématique des causes du déclin du monde musulman avec son corollaire les conditions de sa renaissance. Auquel, on rajoute Ali El- Hamamy, Rachid Benaissa, le Dr Ahmed Aroua et le Dr Taleb Ahmed El-Ibrahimi, Abdelkader Boukrouh, Sofiane el Djilali, Fodhil Boumala, et des partis politique comme le PRA de Boukrouh, MAJD de Kasdi Merbah, Djil el Djadid de Sofiane et Djilali.

Les Djaâzaristes (algérianistes)​

Les Djaâzaristes est le courant « algérianiste » (de djaza’ir, Algérie) qui a pour ambition de constituer un Etat Islamique spécifique à l’Algérie, sont partisans d’un islam aux couleurs algériennes, par opposition aux «frères musulmans» qui viserait un rayonnement international à partir de l’Algérie ou les salafistes qui veulent un retour à l’islam originel du premier siècle. Le mot djazara est créé par l’islamiste Mahfoud Nahnah pour désigner péjorativement ses rivaux au sein de la mouvance islamiste.

C’est dans les milieux universitaires que le courant des djazaraa’s enregistre ses meilleurs succès, ce qui explique la présence de nombreux diplômés francophones des filières techniques en son sein et sa composante principalement de jeunes scientifiques, venus à la politique par le biais d’un ressourcement et d’un enracinement dans l’Islam. Ils avaient pour doctrine « nulle accession à l’Islam vrai sans sciences exactes » d’une manière générale les sciences molles (Sciences humaines) n’avaient pas, pour les algérianistes, de valeurs et étaient pour la plupart du temps en contradiction avec l’Islam,

Le père spirituel de ce courant est le cheikh Sahnoun. Parmi les personnes connus adepte du courant, on peut citer Mohamed Said, Mohamed Hachani, Mourad Dhina, Anouar Heddam. Le mouvement politique qui l’incarne actuellement est Rachad, de part sa composante.

Les islamistes dit, modérés

Une large part de ceux qui se réclament aujourd’hui de l’islamisme modéré étaient des militants de l’action violente et radicale dans les années 70 et 80, moyen qu’ils estimaient être le seul capable d’établir un Etat islamique dans un contexte de fermeture et de répression politique de toute forme d’opposition. Mahfoud Nahnah, fondateur du mouvement Hamas s’est illustré par des opérations de sabotages dans les années 1976. 

Ils sont qualifiés de modérés, pour les différencier de leur frères ennemis les salafistes, avec qui, ils partagent le projet d’instaurer un régime théocratique, mais desquels ils se distinguent par les méthodes utilisés, les références et le discours. 

D’un discours révolutionnaire, ils sont passés à des revendications contestataires avant de se muer en pilier conservateur de la société. 

Ce courant trouve beaucoup de soutien de gros commerçants sympathisants qui se sont proliféré grâce à la manne financière qu’a connu l’Algérie à partir de la fin des années 90 et les années 2000.

Ils sont membre de l’internationale islamiste et proche des frères musulmans égyptiens. Ils sont sur la lignée du modèle du parti islamiste turc de l’AKP, actuellement au pouvoir, où on observe un éloignement d’une utopie révolutionnaire au profit d’une vision plus efficiente, où l’argent a largement remplacé les idées dans leur défense de l’islam. Il faut donc noter aussi l’émergence d’un nouveau type de militant islamiste répondant à la figure de « l’entrepreneur », remplaçant de plus en plus la figure du leader associatif reconvertit en leader politique. 

Ils ont fait évoluer aussi leur discours en délaissant  le religieux  pour  des  thématiques  plus  politiques  et  profanes.

Ce courant est représentée actuellement dans la scène politique  par le Mouvement de la société pour la paix (HMS), le Mouvement pour la réforme nationale (El Islah) et le Mouvement de la renaissance islamique (Ennahdha), regroupée un moment dans l’alliance pour une Algérie verte. Auquel on rajoute le TAJ de Amar Ghoul.

Les salafistes

Le salafisme algérien s’est lié au salafisme venu d’orient et son pendant le wahhabisme saoudien depuis plus d’un siècle, en plusieurs étapes. Il est sont  leur agent local dont la mission est de répandre le discours de l’extrême droite du courant islamiste.

Ça a commencé avec l’association des Oulemas ou le prédicateur d’Alger, Tayeb el Oqbi, qui militait pour restaurer l’Islam dans sa pureté primitive, était le représentant le plus fidèle.

Après l’indépendance, les filiations avec le salafisme sont établies au sein de l’Association des Oulémas musulmans au travers de trois figures décisives de passeurs – celles de Omar Arbaoui, de Abdellatif Sahraoui principalement, et subsidiairement celle de Ahmed Sahnoun – héritières du wahabisme d’El Okbi. 

Dans les années 1980, les « mosquées libres »  deviennent « un espace de parole et de diffusion de l’islam radical, beaucoup étaient tenu par les imams salafistes. Après l’ouverture en 1988, une partie de la composantes et des leaders du FIS etaient des salafistes.  

Ce courant a largement progressé au sein de la société ces dernières années avec le consentement du pouvoir. L’un des prédicateurs largement médiatisé de pars ses fetwas est Mohamed Ali Ferkous, connu pour avoir toujours été le guide spirituel des salafistes dits «madkhalistes» en Algérie. Auquel on rajoute le Front pour l’éveil islamique, un parti non agréé dirigé par l’ancien militant du FIS Abdelfattah Hamadache ;

 

Evolution post indépendance

Années 1962
Années 1962

Indépendance

A l’indépendance il ne venait à l'esprit d’aucun algérien de contester, ni de remettre en cause l'islamité de la société algérienne. Mais presque personne non plus ne pensait à la stricte application de la Loi d’Allah ou la Charria pour prouver cette appartenance et vérifier ce principe.

Seule une petite minorité d’Oulémas héritiers du mouvement de Benbadis, et quelques intellectuels proches de Malek Bennabi ont éprouvé le besoin de défendre l'islam dans la l'Algérie nouvelle. Ils ne reconnaissaient pas dans le discours du FLN, jugé trop matérialiste , voix trop marxiste et par conséquent insuffisamment ouvert sur les problèmes culturels notamment ceux de la langue et de la religion.

1964
1964

Al-Qiyam

L'association Al-Qiyam ‘’les valeurs’’ créée après l'indépendance est dirigée par Al-Hachemi Tijani, proclamait la suprématie des valeurs islamiques sur celle du socialisme et du national-populisme, et revendiquait l'application intégrale de la chariaa. Elle bénéficia alors de l'appui de l'entourage antimarxiste de Ben Bella, d'abord en la personne de Mohamed Khider, puis de Safi boudissa, Mohamed Sghir Nekkach, et Ali Mahsses, tous soucieux de lutter contre le communisme athée et anti national.

Années 1960
Années 1960

Benbella

En prônant un socialisme islamique, Ben Bella faisait le défenseur de l'islam auprès des marxiste-léniniste, la gauche du FLN et porte-parole du socialisme auprès des arabo-musulmans de sa droite.

Ben Bella pour ménager les conservateurs a rendu obligatoire l'enseignement religieux dans les écoles publiques, après avoir rattaché les medrasas à l'éducation nationale. Il aurait sûrement était plus loin, n’eussent été les demandes pressantes de Nasser en butte aux Frères musulmans aidés par l'Arabie saoudite et les États-Unis.

Années 1960-1970
Années 1960-1970

Boumedienne

Parmi les objectifs plus ou moins avouée du coup d'état, fomenté par le groupe d'Oujda se trouvait celui d'éliminer l'influence « marxiste subversive » au profit d'un conservatisme arabo-musulman. Les oulémas les plus en vue à l'époque lui apportèrent leur soutien les (Chikhes Abderrahmane Chibane, Hamani et Kheirdine par exemple).  Ils espéraient infléchir la marche de la révolution dans le sens de la fidélité aux principes religieux, bénéficier de la gestion des secteurs éducatif et culturel et avoir leur mot à dire sur tout ce qui touche à la famille et au contrôle des moeurs.

Boumédiène, partisans de l'arabisation et de la modernisation de l'Etat, confie la direction de l'éducation nationale d'abord, et de la culture et de l'information ensuite, à Ahmed Taleb fils de chikh El-Ibrahimi.

Années 1970
Années 1970

Politique économique et révolution agraire

C'est la politique économique de Boumédiène déclarée socialiste qui constitue le point de rupture entre son régime et le courant religieux.

Ce dernier manifestera son existence dans les années 70 en affirmant son opposition à la politique agraire dit socialiste du gouvernement. Ce sont d'abord les oulémas de la vieille génération qui à partir des mosquées vont faire campagne contre les atteintes à la propriété privée que l'islam garantit et protège.

Une alliance de fait s'établit entre les propriétaires terriens et les religieux : ceci devenant les porte-parole idéologique des victimes de la révolution agraire, et cela finançant la construction de centaines de mosquées et les activités de nombreuses et diverses associations et ligue religieuse à caractère philanthropique où culturel.

Année 1976
Année 1976

Charte nationale

C’est en 1976, l'année de l'adoption de la charte nationale, que le régime prend ses distances vis-à-vis de la gauche communiste et encourage de nouveau les fondamentalistes (réformiste) représentée par Ahmed Chibane, ministre des Affaires religieuses et Mouloud Kacem, ministre de l'Enseignement originel. Il s'agissait de faire taire la critique islamiste d'une part, et de limiter l'influence des alliés d'hier devenus encombrants, d'autre part.

12 novembre 1982
12 novembre 1982

Première plate-forme publique islamiste

Un meeting historique a été organisé à la fac centrale d’Alger, ou des imams populaires écoutés, Chikh Soltani, Ahmed Sahnoune, signent avec un professeur de pédagogie Abassi Madani un appel adressé aux responsables du pays. Ils présentent les rudiments de la première plateforme publique islamiste en Algérie. Ce meeting fait suite à la manifestation  demandant de réouverture des mosquées universitaires fermées à la suite de l’assassinat de Kamel Amzal

1987
1987

Elimination de Bouyali

Ancien macquisard, Mustapha Bouyali a rejoint la rébellion du FFS en 1963. Coordinateur de la fédération de France du FLN (section de Chéraga), il sera écarté des instances du parti. En 1976, il n'est qu'un simple employé de la Sonelec d'El Achour. C'est là qu'il constitue un petit groupé dénommé, "Groupe de lutte contre le mal"(1). Il constitue ensuite à partir de 1981 une organisation (mouvement algérien islamique armé) en vu de la lutte armée ; L'organisation sera démantelée, ses membres arrêtés et son chef tué au cours d'une embuscade le 13/1/1987.

1988
1988

Insurrection du 5 octobre 1988

 

Cependant, par leur nombre, leurs réseaus de mosquées, leur tendance à agir spontanément, les islamistes sont apparus comme le seul mouvement capable de mobiliser des troupes et d'influer sur le cours des événements. Au abois et ne sachant à qui parler, après avoir fait taire ses mitrailleuses, le pouvoir était lui aussi à la recherche de chef représentatif, capable de formuler des demandes et de contenir une foule d'autant plus violente qu'elle était incontrôlable. Abassi Madani, Ali Belhadj et Mahfoud Nahnah Fut reçu par le président Chadli Ben Djedid est consacré leader du mouvement. Le mouvement islamiste, fort de sa reconnaissance par les plus hautes autorités de l'Etat, est désormais conscient de sa puissance sociale et politique, est le premier à bénéficier de l'ouverture démocratique contrôlée.

1989
1989

1989. La sortie de l'ombre et l'organisation

La ligue de la « Da’wa » (prédication) qui vit le jour en 1988. Elle était présidée par le cheikh Sahnouni, et rassemblait tous les noms connus de l’islamisme algérien, Mahfoud Nahnah, Abbasi madani, Mahamed Said, Hachemni Sahnouni. L’organisation Avait pour but l'unification du mouvement islamiste. Les ambitions de certains leaders, la méfiance des uns vis-à-vis a fait en sorte que chacun a pris son chemin et chacun son organisation. Ali Benhadj, Abassi Madani créent le FIS, Nahnah crée l'association Irshad oua el Islah, avant de créer de HAMAS, Djaballah créer plus tard El Nahda.

Références bibliographiques

المراجع الببليوغرافية

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