Etat, Nation et Citoyenneté en Algérie

الأمة, الدولة والمواطنة في الجزائر

La Nation algérienne

Les définitions de la nation diffèrent varie selon les conceptions politiques et les présupposés idéologiques. Il en résulte des difficultés à établir les critères décisifs de l’existence de la nation, surtout lorsque l’analyse de cette existence est menée pour expliciter un conflit.

Si on accepte l’idée que le critère essentiel, mais non unique, de l’existence d’une nation réside dans la volonté des populations de partager un destin commun sur un territoire, on voit mal comment ne pas admettre que le peuple algérien s’est considéré comme une nation à plusieurs périodes de son histoire, en consentant les sacrifices nécessaires. Les résistances, armée où pacifique, aux envahisseurs sont révélatrices de cette volonté des populations de former une nation. Mais ces résistances doivent être relié à tout ce qui les précède ou les suis.  La formation et l’existence de la nation algérienne paraît donc indiscutable.

L'Etat algérien

Période médiévale : 

Avant de se frotter au modèle de l’Etat-nation dans sa version française, les Algériens se sont familiarisés, dans le contexte du monde médiéval, avec un Etat de type tributaire et segmentaire, fondé sur une décentralisation complexe permettant la coexistence entre une autorité centrale et des foyers de pouvoir (communautés religieuses, tribus, corporations) se gérant eux-mêmes. Le système ottoman, qui a duré trois siècles, s’inspirait de ces principes. 

Les activités de l’Etat — confinées aux villes, à la côte, aux vallées et aux plaines accessibles — étaient limitées. Les communautés ne désirant pas se soumettre aux exigences fiscales pouvaient se retirer dans des régions moins accessibles et éviter, ainsi, toute persécution. De vastes sphères de la vie sociale échappaient à des gouvernants plus soucieux d’assurer la sécurité dans les zones sous leur contrôle que de transformer la société.

A la veille de la conquête française, l’autorité des Turcs ottomans fut mise à rude épreuve. Des atteintes à la sécurité des voyageurs eurent lieu dans le beylik d’Oran et furent durement réprimées. Des soulèvements provoqués par les confréries religieuses secouèrent la Petite Kabylie à l’est, Mascara et le Chelif à l’ouest. Sur l’ensemble du territoire, en 1830, 200 tribus sur 516 n’avaient plus de rapports avec les autorités.

Extérieur à la société, l’Etat ne disposait plus, alors, des ressources lui permettant de faire front à l’invasion française. 

Après l’indépendance, la construction de l’État, dès le départ, se réalisent dans la confusion idéologique et au milieu des luttes de clans et de clientèle dans lesquelles l’armée réussi à imposer ses hommes et ses conceptions. 

La volonté de parachever l’indépendance en lui fournissant l’assise économique et sociale qui lui manquait faisait l’unanimité. Mais comment y parvenir sans toucher à des structures génératrices d’autoritarisme ? Deux grands projets étaient en compétition au sein du FLN. Sa gauche prônait la construction d’une modernité par en bas, grâce à l’autogestion, et se prononçait pour une réforme du parti autorisant les tendances organisées, voire pour une formation de type travailliste où les syndicats joueraient un rôle majeur. La faveur des militaires, avec Houari Boumediène, allait à une modernisation par en haut, autoritaire, mise en œuvre par des élites étatiques. Tous deux étaient favorables à la sécularisation et à l’égalité des sexes.

En 1965, c’est le second projet, celui de Boumediène, qui triomphe. L’armée s’assure une place prépondérante dans l’Etat et, à travers sa police politique, étend son appareil dans l’administration comme dans l’économie : elle devient l’instrument par excellence de la sélection des élites.

Références bibliographiques

المراجع الببليوغرافية

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